Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a effectué mercredi une visite sur le terrain auprès des troupes israéliennes déployées dans la zone tampon syrienne, une région stratégique au sud de la Syrie que son pays occupe depuis la chute du régime de Bachar al‑Assad fin 2024. Il était accompagné par plusieurs hauts responsables, dont le ministre de la Défense Israël Katz, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, le chef d’état-major Eyal Zamir et le directeur du Shin Bet David Zini, selon un communiqué du Bureau du Premier ministre.
Cette visite illustre la volonté d’Israël de consolider sa présence sur le versant syrien du mont Hermon, dans la partie de la zone tampon qu’il contrôle depuis la prise de terrain, estimée à environ 400 km², en violation selon plusieurs observateurs de l’accord de désengagement de 1974.
Dans des déclarations antérieures, Netanyahu a justifié cette occupation comme une “mesure défensive” permanente, affirmant que l’armée israélienne resterait “indéfiniment” dans cette zone pour empêcher toute menace provenant des nouvelles autorités syriennes ou de groupes comme Hayat Tahrir al‑Sham (HTS). Il a en particulier exigé la démilitarisation complète du sud syrien, notamment dans les provinces de Quneitra, Daraa et Soueïda, et a averti que son pays ne tolèrerait pas qu’une armée syrienne ou des militants djihadistes s’y implantent. Dans le même temps, il a promis de protéger la minorité druze syrienne, établissant ainsi un argument sécuritaire et identitaire pour justifier la présence israélienne.
Cette posture israélienne suscite des réactions vives à l’échelle régionale. Le Qatar, par la voix de son Premier ministre, a demandé à Israël de se retirer immédiatement de la zone tampon, dénonçant une “occupation” dangereuse pour la souveraineté syrienne. Par ailleurs, des organisations de défense des droits de l’homme, comme la Syrian Network for Human Rights (SNHR), ont condamné ce qu’elles considèrent comme “une intrusion flagrante dans les affaires syriennes”, appelant à la fin de “l’agression israélienne” et au respect de la souveraineté de la Syrie.
De son côté, l’armée israélienne affirme que ce déploiement est indispensable pour contrer des menaces potentielles, notamment en lien avec des groupes extrémistes ou des mouvements hostiles liés à l’axe Iran-Hezbollah. Les tensions ne sont donc pas seulement diplomatiques, mais prennent une dimension militaire concrète : selon Tsahal, des unités en poste dans la zone tampon ont déjà essuyé des tirs, et des postes sont activement renforcés.
(Avec Agences)