Noureddine Taboubi joue la carte du recul pour sauver la face

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Le retour de Noureddine Taboubi à son poste de secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), après une démission déposée le 23 décembre dernier, n’a laissé personne indifférent. Cette volte-face, aussi rapide qu’inattendue, a surpris aussi bien les observateurs que la base syndicale elle-même, d’autant plus que la dégradation de la situation interne au sein de la Centrale syndicale ne semblait pas, à elle seule, suffisante pour pousser Taboubi à quitter ses fonctions.
Ce feuilleton de la démission prend des allures de manœuvre calculée. Derrière ce va-et-vient inattendu se dessine, pour de nombreux observateurs, une stratégie destinée avant tout à reporter la grève générale annoncée pour le 21 janvier, sans en assumer ouvertement l’échec.
Alors que la décision de déclencher ce mouvement avait été actée par les instances de l’organisation, la brusque démission du secrétaire général  a créé un vide volontaire au sommet de la Centrale syndicale. Un vide lourd de conséquences, puisque l’absence de signature du préavis légal rendait de facto l’organisation de la grève impossible. En se maintenant dans une posture de retrait, Noureddine Taboubi a ainsi laissé filer les délais, tout en évitant d’apparaître comme le responsable direct d’un renoncement.
Son retour, intervenu après l’expiration des délais techniques, semble alors avoir pour objectif de refermer la parenthèse sans heurts majeurs. La grève générale est écartée, sans être officiellement annulée, et la direction de l’UGTT peut tenter de préserver son image en évitant un aveu explicite d’échec. Une manière de gagner du temps, de calmer les tensions internes et de repousser un affrontement avec le pouvoir en place devenu risqué dans un contexte marqué par l’érosion du crédit de la centrale syndicale auprès d’une partie de l’opinion publique.
Cette séquence renforce toutefois le sentiment de malaise au sein de l’UGTT. En cherchant à sauver la face, la direction donne l’image d’une organisation hésitante, prisonnière de calculs tactiques plus que d’une vision claire. A l’heure où la Centrale est appelée à jouer un rôle social majeur, cette gestion ambiguë risque d’affaiblir davantage sa capacité de mobilisation et de brouiller son message, aussi bien vis-à-vis de sa base que des Tunisiens.

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