Où va Gaza ?

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Deux ans sont passés depuis l’attaque sans précédent du Hamas contre l’entité sioniste qui a eu l’effet d’un 11 septembre avec une guerre sans fin, qualifiée de génocide par les instances onusiennes, contre Gaza, des milliers de morts et de blessés et la destruction de l’enclave de plus de deux millions d’habitants, sans oublier la guerre silencieuse et pernicieuse que mène l’armée israélienne en Cisjordanie occupée en proie à une invasion méthodique et meurtrière de colons extrémistes soutenus par les soldats.
Cette date marquait, également, le démarrage d’un nouveau round de négociations sur la base du plan de paix de Trump en 21 points, des pourparlers indirects entre Israël et Hamas en vue de mettre fin à la guerre à Gaza et, comme l’a souhaité publiquement le président américain, d’instaurer une paix durable au Moyen-Orient. Ceci pour la galerie. Dans l’arrière-cour, la réalité est tout autre.
Le diable se trouvant dans les détails (du plan), les vrais objectifs sont à lire entre les lignes et à chercher dans le plan de Netanyahu et de ses ministres extrémistes, le Grand Israël.
Pour le président américain Donald Trump et le premier ministre sioniste Benyamin Netanyahu, la feuille de route est claire : d’abord, et avant tout, la libération des otages. Ce que Netanyahu et son armée n’ont pas pu obtenir autrement que par les négociations, la force armée a, certes, détruit Gaza et massacré les Gazaouis mais elle n’a pas réussi à arracher les otages israéliens des mains des combattants palestiniens. Pour la suite, rien n’est moins sombre. Le plan de Trump tel qu’il est présenté : Gaza ne sera plus Gaza après la fin de la guerre. Ce sera un territoire sous la tutelle d’un organe international de transition présidé par la président américain lui-même ou par l’ancien premier ministre britannique, Tony Blair, et géré par un gouvernement de technocrates, qui sera, sans aucun doute, choisi par Trump et Netanyahu. Sans le Hamas, sans l’autorité palestinienne, désarmée, sans Etat, sans armée, sans drapeau, sans souveraineté…Mais de quoi parle-t-on ? De quelle paix ? C’est, en fait, une capitulation pure et simple des Palestiniens. On sait que Trump aurait aimé y voir s’implanter sa Riviera après avoir fait expulser les Gazaouis vers le Sinaï égyptien. Mais le Caire s’y est opposé – et continue – avec acharnement et est à deux doigts de se lancer dans une guerre contre Israël si Netanyahu outrepasse le plan de Trump qui s’engage à empêcher la déportation des Gazaouis hors de Gaza.
Autre certitude, Hamas refuse de rendre les armes tant que la guerre n’est pas finie et tant que l’armée israélienne n’aura pas quitté les terres palestiniennes. Hamas pourrait libérer les otages israéliens sans avoir de garanties sur la concrétisation des étapes suivantes du plan de paix de Trump mais il ne rendra pas ses armes tant que les conditions d’une véritable paix durable n’auront pas été réunies, à savoir la gestion politique de Gaza par des personnalités palestiniennes choisies par les Palestiniens eux-mêmes. Tout en s’engageant (Hamas) à ne pas participer à la direction de l’enclave.
Le plan de paix de Donald Trump est un leurre et tout porte à croire que la guerre reprendra de plus belle dès que les otages israéliens, morts et vivants, seront libérés par les factions palestiniennes. Il faudra même craindre que Netanyahu mette en exécution ses menaces, celles d’éradiquer Hamas en lui ouvrant « les portes de l’enfer », ce qui voudrait dire qu’il ne se posera aucune limite dans l’extermination de la population civile palestinienne qu’il assimile à des terroristes.
Le plus inquiétant est la faiblesse des dirigeants arabes devant l’intransigeance de Trump et la folie de Netanyahu. Les huit dirigeants arabes et musulmans (Arabie saoudite, Qatar, Egypte, Emirats arabes unis, Jordanie, Turquie, Indonésie, Pakistan), qui ont été reçus par le président américain pour discuter du plan de paix avant qu’il ne soit modifié par Netanyahu sont, sans nul doute, conscients du piège tendu par Trump et son protégé au point qu’ils n’ont demandé aucune garantie américaine. Pour eux, le plus important est que les Palestiniens ne quittent pas leurs terres et que les armes se taisent. Or, si la première requête arabe et musulmane est envisageable, la seconde est on ne peut plus incertaine. Sous le seul prétexte du refus de Hamas de déposer les armes, Netanyahu continuera de bombarder et de pilonner Gaza jusqu’à chasser les Gazaouis vers l’Egypte. Il le tentera même si le Caire menacera de répondre.
Le calvaire des Gazaouis n’est pas près de s’achever, il pourrait même s’aggraver après la libération des otages israéliens. Il faudra alors espérer que les peuples du monde entier se chargent de mettre la pression sur leurs gouvernements pour prendre des sanctions dissuasives de tout genre (économiques, politiques, diplomatiques, sportives, culturelles et académiques) contre l’entité sioniste et sur le gouvernement extrémiste israélien qui voit son isolement international grandir de jour en jour depuis quelque temps. Il faudra aussi espérer que les pays arabes et musulmans, surtout ceux de la région du Proche et Moyen-Orient et tous ceux qui ont signé des accords de normalisation avec Israël, se décident, enfin, à prendre des sanctions contre l’entité sioniste, ils en ont les moyens et le pouvoir. Les accords sécuritaires signés avec les Etats-Unis et les accords d’Abraham conclus avec Israël sont censés bâtir des relations gagnant-gagnant, ils ne doivent pas se transformer en chaînes de domination et d’avilissement. Les pays arabes et musulmans, unis, peuvent constituer une force d’équilibre impressionnante sur l’échiquier mondial et dans la configuration du nouvel ordre mondial.
Divisés, rivaux, ennemis, les pays arabes et musulmans préparent le terrain au Grand Israël et signent leur arrêt de mort.

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