De la musique de chambre dans le plus grand amphithéâtre d’Afrique. Voilà l’alliage, qui n’a d’étonnant que le nom, qui a animé la soirée d’ouverture du festival d’El Jem, dans la soirée du samedi 12 juillet. La danse des cordes frottées a entraîné le public dans un bal majestueux et insouciant, dans le cœur vibrant des pierres de Thysdrus, qui pulsait selon le doux rythme effréné du dialogue des violons, pianos, violoncelles et trompettes. Sous la patte assurée de son maestro et fondateur, l’orchestre de chambre de Florence, créé en 1981 et fort d’une quarantaine de musiciens, a honoré un hommage poignant au répertoire classique de la musique italienne.
Les compositions de Puccini, portées par les sublimes voix de la soprano, Evelyn Saavedra, et du ténor Antonio Salis, ont enchanté les gradins antiques, là où les pièces d’Ennio Morricone (connu notamment pour avoir composé la musique des films de Sergio Leone, ndlr) ou de Nino Rota (Le Parrain, notamment, ndlr), ont rappelé les plus grands succès du cinéma italien. Naviguant entre le solennel de l’opéra, et l’haletant des western et des récits de la mafia sicilienne, la prestation livrée par la formation florentine a su convaincre les spectateurs : applaudissements, rires, silences émerveillés, le public du festival a manifesté clairement son enthousiasme. Les colonnes d’El Jem, ornées d’une chaleureuse teinte rose, et parfumées de bougies à la lumière parsemée, ont accueilli l’Italie, dans une conversation culturelle et artistique que le public tunisien n’est pas prêt d’oublier, mais dont les musiciens de l’autre rive de la méditerranée vont également se souvenir.
« C’est comme être à la maison »
La soprano Evelyn Saavedra
Si les musiciens italiens ont donné des émotions, ils en ont également reçu. C’est du moins le sentiment dont ils ont fait part, au micro de Réalités Online. « C’était ma première fois en Tunisie, je vais me rappeler des sons, ceux des animaux, des plantes, de la nature », a avoué la soprano Evelyn Saavedra. « C’était comme être à la maison, dans cet amphithéâtre, qui ressemble au Colisée, et avec ce public, qui a montré son engouement pour la musique italienne en dansant, ou en tapant des mains », a-t-elle ajouté.
Un constat partagé par le chef d’orchestre Giuseppe Lanzetta : « Cet endroit était parfait pour accueillir les musiques de Puccini et de Morricone.» L’homme, dont le père ne voulait pas qu’il fasse de la musique, a expliqué l’importance du respect pour réussir en tant que chef d’orchestre. Respect pour la musique, les musiciens, et le public. Le samedi 12 juillet, le public d’El Jem lui a bien rendu : « Il n’en finissait plus de faire des standing ovation », a-t-il conclu en rigolant.
Une ouverture réussie pour le festival, qui se poursuivra jusqu’au 16 août avec un programme riche.