Dans la bande de Gaza, la faim menace désormais des millions d’habitants. Depuis plusieurs jours, toutes les boulangeries ont cessé de fonctionner, faute de farine et de carburant. Une situation alarmante qui illustre l’aggravation de la crise humanitaire, alors que le territoire est soumis à un blocus strict depuis un mois.
Le Programme alimentaire mondial (PAM), qui soutenait plusieurs boulangeries locales, a confirmé l’épuisement total de ses stocks. « Nous n’avons plus de farine, plus de diesel, plus rien pour produire du pain », explique Abdel Nasser Al-Ajrami, représentant des boulangers à Gaza. Selon lui, la population, qui dépend largement du pain pour se nourrir, est désormais en péril.
Le blocus imposé par Israël empêche l’entrée des denrées essentielles, aggravant la situation. « Les familles ne savent plus comment se nourrir », témoigne Amjad Al-Shawa, responsable d’une ONG locale. « Les rayons des marchés sont vides, l’aide internationale ne passe plus et les enfants se couchent le ventre vide. »
Israël affirme que d’importantes quantités de nourriture ont été livrées à Gaza pendant la trêve, mais sur le terrain, les organisations humanitaires dressent un tout autre constat. « Le PAM ne ferme pas ses boulangeries par choix », insiste un porte-parole des Nations unies. « Les réserves sont épuisées et aucun ravitaillement n’est possible tant que les points de passage restent fermés. »
Dans ce contexte déjà dramatique, la découverte des corps de 15 travailleurs humanitaires dans le sud de Gaza a suscité une onde de choc. Ces membres du Croissant-Rouge palestinien et de l’ONU avaient été envoyés pour secourir des blessés lorsqu’ils ont été pris pour cible. « Ils ont été abattus », dénonce Jens Laerke, porte-parole de l’ONU, visiblement ému.
James Elder, de l’UNICEF, déplore une « violation flagrante du droit international humanitaire ». Selon lui, l’absence d’accès sécurisé pour les travailleurs humanitaires met en danger des milliers de vies, alors que Gaza plonge dans une crise alimentaire sans précédent.
Alors que le massacre s’éternise, les appels se multiplient pour rouvrir les points de passage et permettre l’acheminement de l’aide. « Chaque jour qui passe rapproche Gaza d’une famine généralisée », alertent les organisations humanitaires. Mais pour l’instant, les camions d’aide restent bloqués à la frontière, et à l’intérieur de l’enclave, des familles entières tentent de survivre, sans savoir de quoi sera fait leur prochain repas.