Les prix du pétrole ont entamé le mois d’octobre sous une pression soutenue. Le baril de WTI s’échangeait ainsi à 60,84 dollars, et le Brent à 64,39 dollars, des niveaux inédits depuis quatre mois. Ce tarissement intervient après quatre séances consécutives de pertes, et contraste fortement avec les prévisions optimistes qui tablaient sur un pétrole à 70 dollars il y a quelques mois seulement. Les craintes d’une offre excédentaire et les signaux géopolitiques contradictoires tirent le marché dans des directions opposées. Par conséquent, les traders scrutent si le prix du WTI à 60 dollars pourra tenir le coup.
Les analystes de l’institution australienne Macquarie ont abaissé leurs prévisions de prix, anticipant désormais un WTI à 64,13 dollars le baril en 2025, puis 56,63 dollars en 2026. De même, le Brent devrait atteindre en moyenne 67,95 dollars cette année et 60,75 dollars en 2026. JPMorgan s’est également montré prudent, prévoyant un Brent à 66 dollars en 2025 et 58 dollars en 2026, et un WTI à 62 dollars puis 53 dollars pour les mêmes années. Ces prévisions reflètent un thème unique : le marché reste « extraordinairement long », car la production américaine de pétrole de schiste et l’offre hors OPEP augmentent, alors que la demande est décevante. En effet, face à la faiblesse des raffineries et de la consommation mondiale, les traders anticipent désormais un excédent prolongé plutôt qu’un repli temporaire.
L’attention du marché est rivée sur l’OPEP+ avant sa décision de novembre. Des rapports suggèrent que le groupe pourrait ajouter jusqu’à 500 000 barils par jour, une hausse qui serait le triple de celle d’octobre. Bien que Riyad n’ait pas confirmé une action aussi agressive, cette rumeur a pesé sur le moral. Parallèlement, les stocks américains de brut ont augmenté de 1,8 million de barils la semaine dernière, portant les stocks totaux à 416,5 millions de barils, un niveau supérieur aux attentes. Alors que l’excès d’offre domine les prévisions, la géopolitique fournit des sursauts sporadiques à la hausse. Les pays du G7 se sont engagés à « accroître la pression » sur les entités contournant les sanctions pétrolières russes. En outre, les exportations russes ont atteint un pic de 16 mois en septembre, gonflant encore les barils disponibles. Cependant, les indicateurs de demande ne sont pas tous sombres. La Chine, premier importateur mondial, continue de constituer des stocks agressivement. De plus, l’Inde a exporté vers l’Europe 10,4 millions de barils de diesel en septembre, son plus haut niveau depuis 2017.
D’un point de vue technique, le WTI oscille dangereusement près du seuil des 60 dollars. Une cassure durable en dessous de ce seuil ouvrirait la voie à des niveaux de 58,50 dollars à 55,50 dollars début 2026, ce qui correspond aux prévisions de Macquarie. Pour le Brent, 64 dollars est devenu un point pivot, avec un risque de baisse vers 63 dollars au quatrième trimestre et 57 dollars au premier trimestre 2026.
Pétrole : La chute des prix s’accélère
The oil pump, industrial equipment