Les prix du brut ont enregistré un recul marqué cette semaine. Le West Texas Intermediate a ainsi baissé d’environ 5% pour s’établir près de 61,95 dollars le baril. Parallèlement, le Brent a perdu environ 4,5%, se négociant aux alentours de 66,17 dollars. Cette correction est principalement due à un changement d’attitude des marchés, qui intègrent une réduction de la prime de risque géopolitique suite à des perspectives de discussions diplomatiques.
L’évolution des cours enregistrée s’inscrit dans un contexte particulier de gestion des stocks. Les États-Unis ont en effet réalisé une opération financière sur leur Réserve stratégique. Le Trésor américain a levé 1,3 milliard de dollars grâce à une vente de pétrole à 95 dollars le baril, suivi d’un réapprovisionnement à environ 68 dollars. Par conséquent, les stocks dans les réserves de Louisiane ont augmenté d’un demi-million de barils pour atteindre 415 millions de barils. Cette opération représente près de 50 millions de barils réintroduits dans la réserve.
Les données opérationnelles américaines présentent des tendances divergentes. La production nationale a diminué de 36 mille barils par jour pour tomber à un peu moins de 13,7 millions de barils par jour. D’autre part, les stocks commerciaux de pétrole brut ont diminué de plus de deux millions de barils, s’établissant à un peu moins de 424 millions de barils. Qui plus est, les importations américaines ont chuté de plus de 800 mille barils par jour pour se situer à 5,6 millions de barils. À l’inverse, les exportations ont connu une forte progression, bondissant de plus de 24%, soit une hausse de 900 mille barils par jour, pour atteindre près de 4,6 millions de barils.
Enfin, une pression supplémentaire provient de l’accumulation de pétrole sous sanctions. La quantité de brut bloquée en mer dépasse désormais le milliard de barils. Cette situation est aggravée par le retrait de l’Inde des achats de pétrole russe, alors que la Russie exportait plus de trois millions de barils par jour ces quatre dernières semaines. Par ailleurs, un arbitrage international a condamné des compagnies pétrolières opérant au Kazakhstan à verser quatre milliards de dollars au gouvernement pour des surcoûts, sur une réclamation initiale supérieure à six milliards.
MBY