La Tunisie s’est maintenue en 2025 comme premier investisseur africain en France, avec 12 projets tunisiens concrétisés au cours de l’année, a indiqué Philippe Garcia, directeur de Business France Afrique du Nord, lors d’une interview accordée à Réalités Magazine.
Selon le responsable, cette dynamique s’inscrit dans un contexte international marqué par l’instabilité économique et le ralentissement des flux d’investissement, ce qui confère à ces résultats une portée particulière. Les projets réalisés concernent principalement les secteurs de la technologie, de l’industrie et, de plus en plus, de l’agriculture innovante.
Les investissements dans la tech restent dominants, portés en majorité par des start-up et des très petites entreprises tunisiennes. Celles-ci s’implantent notamment dans le sud de la France et en Occitanie, au sein d’écosystèmes favorables à l’innovation, à l’accès au financement et aux partenariats commerciaux. En 2025, les projets se sont répartis de manière relativement équilibrée entre activités numériques, mécatronique et solutions agricoles axées sur la maîtrise de l’eau.
Parallèlement, les investissements français en Tunisie ont progressé, principalement à travers l’extension des capacités de production d’entreprises déjà présentes sur le territoire. Dans un environnement géopolitique tendu, cette orientation prudente reflète, selon Business France, une volonté de sécuriser les positions existantes tout en maintenant une dynamique de développement.
Philippe Garcia a également souligné que la stratégie actuelle repose sur le renforcement des participations croisées entre entreprises tunisiennes et françaises. Cette approche vise à faciliter l’accès des sociétés tunisiennes au marché européen et à soutenir l’implantation des groupes français en Tunisie, en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne.
S’agissant des indicateurs économiques, il a rappelé que la France conserve par ailleurs un excédent commercial estimé à 3,5 milliards d’euros avec la Tunisie.
Selon lui, le partenariat franco-tunisien repose sur une logique de création de valeur partagée, fondée sur le développement industriel, la formation et la recherche. Pour 2026, les priorités annoncées concernent le renforcement des investissements croisés, l’accompagnement des PME innovantes et l’intégration accrue des entreprises tunisiennes dans les chaînes de valeur européennes.