Photo du jour : Carton comme siège, silence comme réponse

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Ce que révèle cette photo n’est pas seulement une scène choquante, c’est un véritable symbole de la faillite d’un service public. Chaque jour, des citoyens, parmi eux de nombreux cadres de l’État, sont contraints de voyager dans des conditions inacceptables entre Sousse et Tunis. Faute de sièges disponibles dans des trains systématiquement surchargés, certains en viennent à s’asseoir sur des morceaux de carton posés à même le sol. Une image qui parle d’elle-même, et qui traduit le profond mépris dont sont victimes les usagers de la SNCFT.

D’ailleurs, depuis plus d’un mois, le seul train assurant la liaison directe entre Sousse et Tunis est régulièrement annulé, sans préavis ni solution de remplacement. Ces suppressions, devenues quasi quotidiennes, perturbent lourdement la vie de navetteurs, dont une majorité travaille au service de l’État. Enseignants, fonctionnaires, étudiants, salariés : tous subissent la même réalité faite de retards, d’inconfort extrême et d’incertitude permanente.

Face à cette dégradation continue, une manifestation a récemment eu lieu à la gare de Kalâa Kébira. Les usagers y ont exprimé leur ras-le-bol et réclamé des conditions de transport dignes. Malgré cette mobilisation citoyenne, les autorités, et notamment le ministère du Transport, continuent d’ignorer les alertes. Aucune réponse, aucune amélioration, aucun engagement.

Ce silence est non seulement inquiétant, il est inacceptable. Il traduit une irresponsabilité flagrante, et une absence totale de considération pour les citoyens qui, chaque jour, comptent sur les trains pour aller travailler, étudier ou simplement vivre. Ce n’est plus une simple défaillance logistique : c’est une crise du service public.

Cette situation appelle une réaction urgente, à la hauteur de l’humiliation vécue par les passagers. Elle mérite une intervention directe et ferme au plus haut niveau de l’État, en l’occurrence du président de la République qui devrait prendre en charge cette affaire. Car garantir un transport sûr, ponctuel et humain n’est pas un luxe. C’est un devoir. Et aujourd’hui, ce devoir n’est pas rempli.

 

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