Le délégué général à la protection de l’enfance, Moncef Ben Abdallah, a exprimé ce mardi 5 août 2025 son inquiétude face à la multiplication des photos et vidéos d’enfants circulant sur les réseaux sociaux, notamment à l’occasion des festivals estivaux. Alerté par plusieurs signalements, le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées a saisi le parquet pour qu’une enquête soit ouverte.
Invité sur les ondes de la Radio Nationale, Moncef Ben Abdallah a dénoncé une atteinte grave aux droits des enfants et à leur vie privée. Il a rappelé que toute diffusion de données personnelles concernant des mineurs est strictement interdite sans l’accord écrit du tuteur légal et du juge de la famille, comme le prévoit la loi organique n°63 de 2004 relative à la protection des données personnelles.
« Le juge de la famille est le garant de l’intérêt supérieur de l’enfant », a-t-il souligné, expliquant que, dans certains cas, la famille elle-même peut, intentionnellement ou non, représenter un risque pour l’enfant.
Moncef Ben Abdallah a souligné l’importance du travail conjoint entre les différentes institutions de l’État pour sensibiliser la population et renforcer la culture de la protection de l’enfance. Il a appelé les parents à accorder du temps à leurs enfants, à adopter une utilisation raisonnée des technologies numériques et à exercer une vigilance adaptée à l’âge de leurs enfants.
Il a également alerté sur les risques liés à l’évolution rapide des technologies et de l’intelligence artificielle, notamment lorsqu’elles sont détournées à des fins de chantage, d’exploitation sexuelle ou de traite des personnes.
Enfin, il a rappelé que deux numéros sont à la disposition du public pour signaler des situations de mise en danger d’enfants : le 192 (pendant les horaires administratifs) et le 1809 (en dehors de ces horaires). Une réflexion est en cours pour fusionner ces deux lignes afin de simplifier les procédures de signalement.