Les surveillants et conseillers pédagogiques contractuels du ministère de l’Éducation tunisien se préparent à organiser un nouveau mouvement de protestation ce mardi 29 juillet 2025, à l’avenue Habib Bourguiba, en plein cœur de la capitale. Leur objectif : exiger l’application immédiate du décret d’intégration qui, selon eux, est resté lettre morte depuis plusieurs mois.
Cette nouvelle mobilisation, comme l’a confirmé Moncef Farhani, coordinateur national des conseillers pédagogiques, fait suite à un sentiment de frustration face aux promesses non tenues de l’administration.
Selon Farhani, un accord a été signé le 8 juillet dernier pour régulariser la situation de 1 226 surveillants et conseillers pédagogiques en quelques jours. Toutefois, à ce jour, seules 9 demandes ont été traitées, laissant de nombreuses autres en suspens à l’administration générale de la fonction publique, une situation qu’il qualifie de « blocage délibéré et injustifié ».
« Le décret est clair, approuvé par les ministères de l’Éducation, des Finances et la présidence du gouvernement. Pourtant, certains responsables au sein de l’administration générale de la fonction publique continuent de faire traîner les choses, sans raisons financières valables, d’autant plus que le ministère des Finances a validé cet accord », ajoute Farhani.
Farhani a rappelé que le président Saïed avait annoncé un décret le 6 février 2025 pour l’intégration des conseillers et surveillants à partir du 1er mars 2025. Il a estimé que ce décret n’a pas été appliqué, faute de volonté politique réelle.
Travaillant sous des contrats précaires, sans garanties sociales ou de stabilité salariale, ces contractuels sont désormais confrontés à des mois de chômage forcé entre juillet et août 2025, dans l’attente de la rentrée scolaire. Dans une démarche de compromis, ils ont accepté de renoncer à la régularisation rétroactive de leurs contrats, initialement prévue à partir de mars 2025. Ils réclament désormais leur intégration à partir du 1er septembre 2025, principalement pour accélérer le versement de leurs droits financiers. Mais malgré ces concessions, les dossiers restent bloqués, alimentant une frustration grandissante.
Pour Farhani, les conditions de travail précaires dans un secteur aussi sensible que l’éducation risquent de déstabiliser les établissements scolaires et d’affecter directement les élèves.
Dans un communiqué officiel, la coordination nationale des surveillants et conseillers pédagogiques a réaffirmé son exigence de mise en œuvre immédiate et complète de l’accord signé en juillet. Ils ont également exigé l’approbation sans exception des dossiers des intégrés, sans discrimination basée sur l’âge, et l’octroi du grade « A2 » à tous les intégrés.