Le monde universitaire tunisien est en deuil suite à la disparition, dimanche à Sfax, du professeur Abdellatif Khemakhem, fondateur et premier doyen de la Faculté des sciences économiques et de gestion de Sfax (FSEG). Pédagogue visionnaire et infatigable promoteur du savoir, il a façonné, durant plus d’un demi-siècle, les fondations de l’enseignement économique et de gestion en Tunisie et dans le monde arabe.
Ayant obtenu toutes ses qualifications supérieures aux Etats-Unis, cet universitaire incarne cette génération pionnière qui a su conjuguer ouverture internationale et engagement national. Son parcours illustre une vie entièrement consacrée à l’édification d’institutions académiques solides et à la transmission du savoir scientifique.
Après des années d’enseignement aux États-Unis puis en France, il revient au pays animé par la conviction que la Tunisie doit former ses propres cadres et bâtir une économie fondée sur la compétence. Il dirige l’Institut supérieur de gestion (ISG) de Tunis, avant d’être chargé en 1974 de poser les bases d’un projet ambitieux : la création de la FSEG de Sfax, qu’il conduira avec passion et rigueur jusqu’en 1988.
Au-delà de la Tunisie, son influence s’étendra bien au-delà des frontières. À partir de 1990, il s’installe à Riyad, où il fonde la Business School de l’Université du Roi Saoud. Pendant près de trente ans, il y formera de nouvelles générations de dirigeants et conseillera de grandes entreprises saoudiennes, tout en contribuant à la reconnaissance internationale de l’enseignement supérieur arabe.
Homme de culture, d’action et de vision, le professeur Khemakhem a laissé une empreinte durable dans les esprits et les institutions qu’il a contribué à bâtir. Son œuvre témoigne d’un idéal : celui d’une Tunisie intellectuellement rayonnante, ouverte sur le monde, et fidèle à sa vocation de carrefour du savoir.