Le théâtre Al-Hamra a accueilli, le jeudi 22 février 2024, la première représentation de la pièce « ZINA », réalisée par Youssef Mars, interprétation Mona El Shennawi et production Naphthalene.
La pièce « ZINA » relate le voyage de l’actrice « Raja » à la recherche d’un moyen de rendre hommage à son amie Zayna Hariz, qui s’est suicidée en raison de l’injustice et de l’oppression.
ZINA » explore des chemins parallèles d’espoir et de douleur, avec une douleur provenant du hamem qui se mêle à l’eau qui enveloppe les corps, et un rêve égaré sur la scène qui se répand sur le plateau de manière tangible.
Raja est une femme qui réfléchit, interprète et comprend ce qui l’entoure. Elle a aimé l’âme de son amie ZINA et en a créé des personnages tourmentés, soumis, rebelles et révoltés, des personnages que Mona El Shennawi réussit à incarner en passant facilement d’un détail à l’autre tout en évoquant le mouvement de la lumière sur la scène.
Entre lumière et obscurité, les histoires des personnages se sont dispersées, faisant entendre la voix des femmes dans toutes leurs manifestations pour dessiner un portrait esthétique et réaliste exploitant les capacités physiques et intellectuelles de l’actrice ainsi que sa vie quotidienne pour enrichir le texte dramatique.
Dans cette première production de la compagnie NAFTALIN, le réalisateur Youssef Mars ouvre la voie à l’actrice Mona El Shennawi pour contribuer à la construction d’un discours esthétique pour une expérience vivante et créer des liens entre le spectateur et les détails du travail.
À travers les mouvements, les pauses, les gestes, les expressions, les pas, les respirations, la voix et le discours de l’actrice, l’action dramatique se manifeste, reflétant la réalité quotidienne et abordant la violence a l’égard de la femme d’un point de vue artistique.
La pièce « ZINA » est une analyse d’un modèle social représenté par un ensemble de personnages, actifs et passifs, dans un hamem, une députée, une créatrice de contenu, une journaliste, un homme invisible ?
Et l’homme invisible dans la pièce évoque le pouvoir masculin dans ses manifestations symboliques et ses résidus latents dans de nombreux détails qui enferment souvent les femmes sans même qu’elles en aient conscience.