La Commission européenne a confirmé, ce lundi 1er décembre, l’inclusion de deux projets énergétiques majeurs portés par l’opérateur italien Snam sur sa liste des priorités pour 2025. Cette liste comprend 235 initiatives susceptibles de recevoir un financement européen. Les deux projets concernés, qui figuraient déjà sur cette liste en 2023, sont le gazoduc d’hydrogène SoutH2 Corridor et le projet de stockage de CO₂ en mer Callisto. Leur maintien indique qu’ils seront probablement intégrés au prochain plan industriel de Snam, attendu début 2026.
Le projet SoutH2 Corridor prévoit la construction d’un gazoduc d’hydrogène de 3 300 kilomètres reliant l’Algérie et la Tunisie à l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne. Ce projet est classé « Projet d’Intérêt Commun » par l’Union européenne, ce qui lui permet de bénéficier de procédures d’autorisation accélérées et d’un accès à des fonds européens. L’objectif est de transporter jusqu’à 4 millions de tonnes d’hydrogène vert par an à partir de 2030, ce qui pourrait couvrir plus de 40% des importations prévues par l’UE. Cependant, les capacités de production anticipées en Algérie et en Tunisie pour 2030 sont estimées à environ 330 000 tonnes par an, soit seulement 8% de la capacité totale prévue pour le gazoduc. Par conséquent, une partie de l’infrastructure pourrait initialement être sous-utilisée. Pour soutenir ce développement, une déclaration d’intention commune a été signée en janvier 2025 par les ministres de l’Énergie de Tunisie, d’Algérie, d’Italie, d’Allemagne et d’Autriche.
Parallèlement, le projet Callisto vise à créer un site de stockage de dioxyde de carbone en mer Adriatique, au large de Ravenne en Italie. Ce projet, développé avec le groupe Eni, a débuté une phase pilote en août 2024 avec l’injection de 25 000 tonnes de CO₂. Son ambition est d’atteindre une capacité de stockage de 4 millions de tonnes par an vers 2030, avec une capacité totale estimée à plus de 500 millions de tonnes. Ce réseau méditerranéen pourrait à terme être connecté à d’autres bassins industriels européens pour capturer et stocker les émissions de CO₂.
Ces initiatives s’inscrivent dans le cadre du programme « Global Gateway » de l’UE, qui identifie un fort potentiel de production d’hydrogène vert en Tunisie et en Algérie. Un groupe de travail réunissant les cinq pays concernés par le corridor SudH2 se réunira tous les six mois pour faire avancer le projet. L’objectif opérationnel est une mise en service complète du gazoduc d’ici 2030.