Mine de rien, Netanyahu bombarde Soueïda et les abords du palais présidentiel syrien. Ahmad Al Charaa Al Joulani, le nouveau président et tombeur de Bachar, ordonne à ses forces d’évacuer Soueïda et d’y confier la sécurité aux Druzes « pour évier au pays de sombrer dans une guerre d’ampleur ».
Avec Al Joulani et Netanyahu, les dés sont jetés sur l’échiquier de conflits supputés. Que signifie l’attaque israélienne contre la Syrie ?
Le narratif explicité maquille le caché. L’arrière-plan sioniste élargit le pays conquis de la Galilée au Néguev, sans pour autant omettre de jeter le grappin sur les territoires libanais ou syriens. « Là où nos soldats posent les pieds, c’est à nous », répétait Poutine après l’auteur de l’énonciation devenue le fer de lance du conquérant qui avance.
A l’aune de la représentation expansionniste, la guerre s’avère nécessaire à la remise en cause des frontières. Dans ces conditions spatio-militaires, l’optique mythique du « grand Israël » sert de paravent à l’agression de nations instituées bien avant les guerres israélo-arabes étalées de 1948 à 1975. Pour Netanyahu, cesser de bombarder, c’est démériter eu égard à la marche vers l’objectif décisif pour congédier, à jamais, les manières d’Hitler. Une phantasmagorie aux relents cléricaux dresse un écran protecteur des pratiques mises en œuvre par les criminels de guerre pour enjamber les frontières. Trump, le cerveau central du sale scandale mondial pleure les morts à l’instant même où il arme la main des assassins.
Poutine le ridiculise au sujet de l’Ukraine mais qu’importe au parrain si Netanyahu, son poulain, perpétue la géhenne à Gaza au mépris des lois. La justification brandie par le sionisme, ce maître à penser du banditisme, reprend l’argumentation du nazisme. L’horizon vital d’Hitler anticipe le risque existentiel argué par Israël.
Excédés par la barbarie sioniste, le pape damne, l’ONU condamne et Netanyahu, l’âne, ricane.
Pour le contenu, pervers, de son crâne, toute objection adressée au « grand Israël » coule de l’antisémitisme démentiel. C’est pourquoi le ministre israélien de la Défense oppose l’allusion à Dimona. Elle ne rugira qu’une fois et cela suffira. « Il n’était pas donné sur terre de seconde chance », écrit Gabriel Garcia Marquez. Fidèle à elle-même, l’Amérique d’Hiroshima exhibe la « destruction » de Kaliningrad et la Russie l’avertit. En pareil cas, la guerre totale adviendra et tout le monde y passera.
De nos jours, l’implosion du bavardage déployé au sujet du nucléaire et de son usage cligne vers des personnages pareils à Trump et Netanyahu, ces pires assassins doublés de parfaits crétins. L’évocation du nucléaire sature la sphère parolière et cette loghorrée immodérée use et abuse des ballons d’essai. L’arsenal russe ou américain, à lui seul, suffit à pulvériser, plusieurs fois, la terre entière.
Cette conscience d’une possible élimination de l’homme par l’homme transfigure la perception de l’humaine condition collective ou individuelle. Un Trump atteint d’insuffisance veineuse, signe avant-coureur de l’inéluctable finitude, n’est plus vu tel ce fanfaron gonflé de certitudes. De même serait à méditer la façon dont le duo Itamar Ben Gvir-Bezalel Smotrich, génocidaire le plus résolu, est parvenu à substituer un peuple déchu au prétendu peuple élu.