Les prochaines semaines revêtent une importance particulière pour le secteur tunisien de la pêche dans ses rapports avec l’Union européenne. Du 26 au 30 octobre, la Tunisie prendra part à la 49e session de la Commission générale des pêches pour la Méditerranée à Rome. Cette réunion doit arrêter de nouvelles règles de gestion des stocks. Par ailleurs, une délégation européenne est attendue en Tunisie le 16 novembre. En préparation de cette visite, les contrôles et les chantiers ont été intensifiés dans les ports de pêche de Sousse et de Hergla.
Le premier sujet concerne la crevette rouge du détroit de Sicile. Une recommandation de la CGPM a prorogé jusqu’en 2026 la phase transitoire du plan pluriannuel de gestion des zones 12 à 16. Cette prorogation s’accompagne d’une réduction de 3 % des plafonds de capture pour la crevette rouge géante et la crevette bleue. La 49e session de la CGPM se tiendra au siège de la FAO à Rome du 26 au 30 octobre. Le plafond de capture de la crevette rouge géante accordé à la Tunisie pour 2026 est fixé à 36 000 kilogrammes. D’après un rapport du ministère italien de l’Agriculture, ce quota était déjà atteint le 15 mai. Ensuite, les certificats de capture tunisiens enregistrés sur la plateforme européenne CATCH ont dépassé au moins 50 960 kilogrammes, soit 41,5 % de plus que le plafond. Le MASAF a donc demandé aux opérateurs italiens de refuser les cargaisons provenant de captures au-delà de la limite internationale. Les échanges se poursuivront aussi sur le plan scientifique. Une réunion technique sur la collecte de données relatives à la crevette rouge de grands fonds en Méditerranée centre orientale aura lieu du 9 au 11 novembre à la FAO à Rome. Elle sera suivie d’une réunion sur les stocks de Méditerranée centrale du 11 au 14 novembre.
Indépendamment des quotas, l’aspect sanitaire demeure déterminant pour l’accès au marché européen. Selon la radio Diwan FM, qui cite Samir Mhiri, responsable de la production animale à la Commission régionale de développement agricole de Sousse, une délégation de l’Union européenne est attendue en Tunisie le 16 novembre. En prévision de cette visite, les inspections ont été renforcées dans les ports de Sousse et d’Hergla. Elles doivent permettre d’évaluer l’assainissement, les marchés de gros et les équipements. À Sousse, les travaux de pavage, de drainage des eaux usées, d’entreposage frigorifique et de construction d’une usine de glace alimentaire sont presque achevés. Le marché d’Hergla a rouvert, mais la procédure d’agrément vétérinaire reste en cours. Ces actions s’inscrivent dans un effort plus large pour aligner la filière tunisienne sur les normes sanitaires exigées pour les produits destinés à l’exportation.
Les enjeux économiques sont élevés. Au cours des sept premiers mois de 2026, la Tunisie a exporté 18 400 tonnes de produits de la pêche pour une valeur de 422,3 millions de dinars, soit 127 millions d’euros. L’Italie reste le premier marché avec 34 % des exportations, suivie de l’Espagne avec 12 %. À elles deux, ces destinations absorbent 46 % des exportations tunisiennes de poisson. Les deux dossiers restent toutefois séparés. Le différend sur la crevette rouge porte sur les quotas de pêche, la durabilité des stocks et la traçabilité via le système CATCH. La visite du 16 novembre, d’après les informations disponibles à ce jour, concerne la conformité sanitaire et vétérinaire de la chaîne d’approvisionnement. Ces deux questions ont cependant un effet sur la capacité de la Tunisie à conserver un accès régulier au marché européen pour ses produits de la pêche.
MBY