Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a dévoilé son Rapport sur le développement humain 2025, qui dresse un portrait nuancé du continent africain. Ce document, qui s’appuie sur des données de 2023, révèle que si la moyenne mondiale de l’Indice de développement humain (IDH) progresse, son rythme de croissance ralentit. L’Afrique, quant à elle, présente des écarts significatifs entre ses nations. L’IDH est un indicateur composite qui évalue le développement d’un pays au-delà de la simple croissance économique. Il se base sur trois dimensions fondamentales : une vie longue et en bonne santé (mesurée par l’espérance de vie à la naissance), l’accès à la connaissance (évalué par la durée moyenne de scolarisation) et un niveau de vie décent (calculé par le revenu national brut par habitant).
Le classement africain est dominé par les Seychelles, qui, avec un score de 0,848, intègrent pour la première fois le cercle très restreint des pays affichant un « très haut développement humain ». Elles sont suivies par Maurice (0,806), seul autre État du continent à figurer dans cette catégorie d’excellence. Ces deux archipels de l’océan Indien doivent leur performance à des résultats solides en matière de santé, de revenu et d’éducation.
Le Maghreb bien positionné, mais des défis persistent
Un groupe de sept pays se classe dans la catégorie supérieure, dite de « développement humain élevé ». L’Algérie mène ce peloton avec un IDH de 0,763, devant l’Égypte (0,754), la Tunisie (0,746) et la Libye (0,741). Le Gabon (0,733), le Botswana (0,731) et le Maroc (0,710) complètent cette liste. Cependant, derrière ces scores, des défis en matière d’emploi, notamment des jeunes, et d’inégalités sociales subsistent.
La majorité des pays africains, au nombre de onze, se situent dans la fourchette moyenne. On y trouve le Sénégal (0,530), la Gambie (0,524), la République démocratique du Congo (0,522) et le Malawi (0,517). Ces nations enregistrent des progrès, mais ceux-ci sont freinés par des obstacles structurels liés à la pauvreté, aux systèmes de santé et à la qualité de l’enseignement. La situation est plus critique pour les douze pays classés dans la catégorie « faible développement humain », avec en queue de peloton le Soudan du Sud (0,388), la Somalie (0,404) et la République centrafricaine (0,414). Ces États, souvent en proie à l’instabilité, peinent à améliorer les conditions de vie de leur population.
L’intelligence artificielle, un levier à saisir pour éviter les fractures ?
Au-delà du classement, le rapport 2025 consacre une part essentielle à l’influence de l’intelligence artificielle (IA) sur les perspectives de développement. Achim Steiner, administrateur du PNUD, alerte : « nous sommes à un carrefour : l’IA promet de redéfinir notre avenir, mais elle risque aussi d’approfondir les fractures d’un monde déjà déséquilibré ». Le continent n’est pas en marge de cette révolution. Des expérimentations sont en cours dans des domaines comme la santé, avec des outils de diagnostic assisté dans les zones rurales, ou l’agriculture, pour optimiser les rendements.
Le PNUD plaide ainsi pour une approche où l’IA viendrait compléter les capacités humaines plutôt que de les remplacer, créant ainsi une « économie de la complémentarité ». L’organisme onusien appelle les gouvernements à investir stratégiquement dans les compétences et à encadrer l’innovation pour que ce bouleversement technologique devienne un accélérateur de progrès pour tous, et non un facteur d’inégalités accrues.