Les prix du pétrole ont enregistré un recul mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord perdant 1,24 % pour s’établir à 67,11 dollars. Son homologue américain, le West Texas Intermediate (WTI), lui a emboîté le pas en tombant à 62,82 dollars, affichant une baisse de 0,95 %. Cette tendance baissière pourrait se poursuivre dans les prochaines semaines, avec un scénario qui verrait le Brent chuter autour de 65 dollars, un niveau qui constituerait un retour à des creux non observés depuis le 8 mai 2025. Cette perspective est d’autant plus remarquable qu’elle intervient dans un contexte que le cabinet de conseil en énergie Tempos Energía qualifie de « période la plus stable de 2025 » pour le Brent.
Cependant, cette stabilité apparente est menacée par des éléments susceptibles de faire plonger les cours plus profondément encore. Les prévisions indiquent que le Brent pourrait même atteindre la barre des 60 dollars, son niveau le plus bas depuis trois ans et demi, sous deux conditions principales : une accélération de la réactivation des pompes par l’alliance OPEP+ et une augmentation des exportations du Kurdistan irakien au-delà de 400 000 barils par jour. L’alliance des pays producteurs, l’OPEP+, contribue activement à cette pression sur les prix. Le groupe a déjà ajouté 360 000 barils par jour au marché mondial et prévoit d’en libérer 500 000 supplémentaires dès le mois d’octobre. Parallèlement, la région du Kurdistan irakien a repris ses exportations à hauteur de 230 000 barils par jour, et pourrait atteindre un demi-million si le gazoduc turc est réactivé.
Dans ce paysage, la Chine demeure un acteur « clé » pour l’équilibre du marché. Malgré une demande interne atone, le géant asiatique continue d’absorber des quantités importantes de pétrole, servant de rempart contre une chute plus brutale des cours. Toutefois, sa capacité à soutenir à elle seule le marché mondial face à l’afflux annoncé de barils est incertaine. La reprise des flux en provenance du Kurdistan, soutenue par des accords récents, apporte une nouvelle source d’approvisionnement qui modifie la dynamique de l’offre. Face à cette situation, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a émis un avertissement, anticipant que le marché pétrolier pourrait passer d’un déficit à un excédent au cours du quatrième trimestre 2025.