Ressources hydriques en péril : L’expert Mohamed Salah Glaïed appelle à repenser la gestion de l’eau

Your browser does not support the audio element.

Mohamed Salah Glaïed

La Tunisie figure aujourd’hui parmi les pays les plus durement touchés par le stress hydrique, une réalité confirmée par les données officielles de l’année 2023 relatées par l’ingénieur et expert en ressources en eau, Mohamed Salah Glaïed. Ces chiffres révèlent une pression croissante sur les ressources hydriques du pays, avec une consommation totale estimée à 3 714,9 millions de mètres cubes, en grande majorité prélevés des nappes souterraines.
Le secteur agricole, en particulier l’agriculture irriguée, représente à lui seul la plus grande part de cette consommation, avec 2 836,3 millions de mètres cubes, soit plus de trois quarts des prélèvements annuels. L’eau potable arrive en deuxième position avec 783,1 millions de mètres cubes, suivie par le secteur industriel avec 80 millions de mètres cubes, puis le secteur touristique avec 15,5 millions de mètres cubes.
L’année 2023 a par ailleurs été marquée par une sécheresse sévère, les apports en eau dans les barrages n’ayant pas dépassé les 694 millions de mètres cubes, alors que les capacités habituelles avoisinent les 1 700 millions de mètres cubes. Ce déficit reflète la vulnérabilité croissante du pays face aux dérèglements climatiques et à la mauvaise gestion des ressources.
Face à cette situation critique, il devient urgent, selon l’expert, de repenser en profondeur les politiques de gestion de l’eau. La Tunisie ne pourra surmonter ces défis qu’en adoptant de nouvelles stratégies centrées sur la rationalisation des usages, en particulier dans le secteur agricole, le développement de méthodes d’irrigation intelligentes, l’innovation technique, et la valorisation des eaux usées traitées.
Sans une prise de conscience nationale et des mesures concrètes à tous les niveaux, les tensions hydriques risquent de s’aggraver, menaçant la sécurité alimentaire, la stabilité sociale et la durabilité environnementale du pays.
Il convient de rappeler qu’au 18 juillet 2025, les réserves d’eau dans les barrages ne représentaient que 35,6 % de leur capacité totale, selon les données publiées par l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI) dans son rapport sur la situation des barrages.

Related posts

Sncft : Perturbation du trafic ferroviaire

Affaire Kheireddine Debaya : La LTDH réclame l’arrêt des poursuites contre les activistes de Gabès

Microplastiques : La Méditerranée en tête des mers les plus contaminées