Retraités français : Comment la Tunisie se maintient-elle dans le top 10 mondial des destinations de retraite ?

Your browser does not support the audio element.

L’association Retraite sans Frontières a publié son palmarès annuel des destinations de retraite à l’étranger pour l’année 2025. Ce classement, établi pour la douzième année consécutive, révèle que les retraités français cherchent prioritairement à améliorer leur pouvoir d’achat face à l’inflation. Dans cette liste, la Tunisie maintient sa position en se classant au sixième rang mondial, une place qu’elle occupait déjà l’année précédente.

L’étude se base sur une compilation de statistiques publiques et privées concernant douze critères jugés essentiels. Ces critères incluent le coût de la vie, la valeur de l’immobilier, la qualité des soins médicaux, la sécurité et l’accessibilité. Or, pour l’expert Paul Delahoutre, fondateur de Retraite sans Frontières, le critère du coût de la vie est le plus important pour les retraités français, influençant pour 20% la note finale des pays évalués. La Tunisie répond à cette attente, car le coût de la vie y est perçu comme attractif, avec des loyers mensuels pouvant débuter autour de 250 à 400 euros pour un appartement en périphérie de villes comme Sousse, et des repas au restaurant à des prix très inférieurs à ceux pratiqués en France. L’association souligne d’autres atouts majeurs du pays, comme la proximité géographique avec l’Europe, un climat ensoleillé avec des hivers doux, ainsi qu’une population francophone et accueillante. Ces éléments expliquent pourquoi la Tunisie est qualifiée de « petite perle du Maghreb » dans le palmarès.
Toujours est-il que ce tableau comporte des ombres qui limitent le positionnement du pays. Le classement de Retraite sans Frontières identifie clairement un point faible récurrent: une administration bureaucratique. Ces difficultés administratives ne sont pas nouvelles et représentent un enjeu de gouvernance plus large. Un programme pilote nommé « Innov’Administration », adopté en décembre 2022 pour moderniser l’administration publique, n’a en effet toujours pas été lancé à ce jour, selon l’expert Mustapha Boubaya dont les propos ont été relayés au mois de juillet 2025 par La Presse. Cette inertie s’inscrit dans un contexte où la fonction publique tunisienne, avec une masse salariale attendue à 14.1% du PIB fin 2025, est considérée comme coûteuse et nécessitant une restructuration. Des analystes affirment qu’améliorer la performance passe davantage par la motivation des agents et la numérisation que par des sanctions, mais cela requiert une transformation profonde des modes de gestion.

La Tunisie évolue dans un environnement concurrentiel où les destinations européennes gardent la faveur des retraités. Le Portugal, l’Espagne et la Grèce constituent le trio de tête inchangé du classement 2025. Les autres pays du Maghreb sont également présents, avec le Maroc classé cinquième. La stabilité de la Tunisie au sixième rang, malgré ses défis internes, démontre que ses avantages concrets en termes de cadre de vie et de budget continuent de séduire une partie des retraités européens en quête d’une meilleure qualité de vie pour leur pension.

 

Related posts

Emploi des jeunes : La Banque mondiale présente ses projections démographiques pour les pays en développement

L’Union européenne ouvre les candidatures pour son Programme des visiteurs 2027 aux professionnels tunisiens

Sncft : Perturbation du trafic ferroviaire