Dans une publication sur sa page Facebook, jeudi 31 décembre, l’expert économique Ridha Chkoundali a dressé un état des lieux des principaux indicateurs économiques ayant marqué la Tunisie en 2025.
Concernant la croissance, Ridha Chkoundali indique que « le taux de croissance prévu pour 2025 ne dépasse pas 2,5 % selon le FMI », soulignant qu’il s’agit du niveau « le plus faible dans le monde arabe ». Il précise que ce taux reste inférieur à l’hypothèse de 3,2 % retenue dans la loi de Finances, ce qui pourrait, selon lui, « réduire les ressources fiscales de l’État et affaiblir la politique d’autonomie financière ». Il ajoute que « la consommation demeure le seul moteur de la croissance », alors que « l’investissement privé et les exportations sont quasiment à l’arrêt ». Cette dynamique repose essentiellement sur l’agriculture et le tourisme, des secteurs qu’il qualifie de « fragiles et fortement dépendants du climat et du contexte international ». Il relève néanmoins « le retour progressif de la production dans le secteur du phosphate », tout en notant que « le secteur du textile, de l’habillement et du cuir est le plus touché, avec une croissance négative ».
Sur le marché de l’emploi, l’expert affirme que « le taux de chômage a atteint 15,4 % », avec « une situation particulièrement critique chez les jeunes femmes », dont le taux de chômage est passé de 37,8 % à 42,7 %.
S’agissant du commerce extérieur, Ridha Chkoundali alerte sur « une aggravation inquiétante du déficit commercial, qui s’élève à 20,2 milliards de dinars sur les onze premiers mois de 2025 ». Il précise que « le déficit énergétique à lui seul dépasse 10,3 milliards de dinars ». Selon lui, « les exportations stagnent autour de 57 milliards de dinars, alors que les importations continuent d’augmenter de 5,8 % ». Il note également « une chute marquée des exportations d’énergie » ainsi qu’« un recul significatif des ventes d’huile d’olive », tout en soulignant « la progression des exportations de phosphate et de ses dérivés, ainsi que celles des industries mécaniques et électriques ».
Au sujet de l’inflation, il estime que « la baisse de l’inflation constitue un signal positif pour les décideurs et pour l’image de la Tunisie auprès des bailleurs de fonds », tout en reconnaissant que « l’inflation alimentaire reste largement supérieure à l’inflation globale et continue de peser sur le pouvoir d’achat des Tunisiens ».
En matière de politique monétaire, Ridha Chkoundali rappelle que « la Banque centrale a réduit à deux reprises le taux directeur, en mars et en décembre », estimant que cette décision « marque un assouplissement bienvenu », susceptible de « réduire la charge des crédits bancaires et le coût de l’investissement ».
Concernant les notations internationales, il souligne que « la Tunisie figure parmi les pays africains les plus endettés à l’extérieur », tout en notant « une amélioration de la notation souveraine par Fitch et Moody’s ». Il précise cependant que « le pays demeure classé dans la catégorie spéculative, avec un niveau de risque de crédit toujours très élevé ». Il ajoute que les classements internationaux « continuent de placer la Tunisie parmi les pays à faible liberté économique ».
Enfin, sur le plan législatif, Ridha Chkoundali considère que « plusieurs textes adoptés en 2025 ont produit des effets mitigés ». Il cite notamment l’application de l’article 412, « bénéfique pour les emprunteurs à court terme mais dissuasive pour le crédit immobilier », la loi interdisant la sous-traitance, « socialement positive mais économiquement insuffisante sans création de richesse », ainsi que la nouvelle loi sur les chèques, qu’il qualifie de « l’une des pires lois adoptées par le Parlement », en raison de ses effets sur la circulation du cash et l’économie parallèle.