Robert Wilson, maître de la scène visuelle, s’est éteint

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Le metteur en scène américain Robert Wilson est décédé ce jeudi 31 juillet 2025, à l’âge de 83 ans, des suites d’une « maladie brève, mais aiguë ». Figure majeure du théâtre contemporain, Wilson laisse derrière lui une empreinte indélébile dans l’histoire des arts vivants.
Né en 1941 à Waco, au Texas, Robert Wilson s’impose dès les années 1970 comme l’un des plus grands innovateurs de la scène mondiale. Formé au Pratt Institute de New York, il fonde la Byrd Hoffman School of Byrds, et s’oriente très tôt vers un théâtre expérimental, exigeant et radical. Avec Deafman Glance (1970), pièce muette de sept heures, il signe une œuvre fondatrice, rompant avec toute narration classique.
C’est toutefois avec Einstein on the Beach (1976), créé en collaboration avec le compositeur Philip Glass et la chorégraphe Lucinda Childs, que Robert Wilson atteint une reconnaissance internationale. Cet opéra minimaliste, sans intrigue linéaire, déconstruit les codes de la scène lyrique et ouvre la voie à une nouvelle esthétique du spectacle : visuelle, sensorielle, hypnotique.
Tout au long de sa carrière, Wilson a développé un langage théâtral unique, mêlant lumière, architecture scénique, lenteur du mouvement, et gestuelle stylisée. Il a ainsi transformé la scène en un tableau vivant, souvent silencieux, où le corps, la lumière et le temps deviennent les véritables protagonistes.
Créateur infatigable, il multiplie les collaborations avec des artistes venus d’horizons variés : Tom Waits (The Black Rider), Lou Reed (Poetry), Susan Sontag, Marina Abramović, Willem Dafoe, ou encore Isabelle Huppert. Il met en scène aussi bien des textes classiques – Hamlet, Le Conte d’hiver, Les Fables de La Fontaine – que des projets d’avant-garde, à la croisée du théâtre, de la danse, de l’opéra et de l’installation visuelle.
En 1991, il fonde le Watermill Center à Long Island, un lieu de résidence artistique et laboratoire interdisciplinaire, fidèle à sa vision d’un art sans frontières.
Robert Wilson était un créateur total. Pour lui, le théâtre n’était pas un lieu de récits, mais un espace de perception. Il affirmait que « voir, c’est comprendre », et son œuvre, profondément visuelle, a marqué des générations de metteurs en scène, chorégraphes, plasticiens et musiciens.

(D’après agences)

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