La deuxième conférence ministérielle du Forum de partenariat Russie–Afrique se tient ces vendredi et samedi 19 et 20 décembre au Caire, réunissant les chefs et hauts responsables des ministères des Affaires étrangères de la Fédération de Russie et de plus de 50 pays africains, représentés au niveau ministériel. Plusieurs dirigeants d’organisations régionales africaines prennent également part à cette rencontre, selon le ministère égyptien des Affaires étrangères.
Cette conférence, la première du genre organisée sur le continent africain, vise à évaluer l’état des relations russo-africaines et à en définir les perspectives, tout en consolidant les résultats de la première conférence ministérielle tenue à Sotchi en novembre 2024.
Dans un message adressé aux médias africains, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a rappelé que le Forum de partenariat Russie–Afrique, institué en 2019, s’inscrit dans la continuité des deux sommets Russie–Afrique organisés à Sotchi en 2019 et à Saint-Pétersbourg en 2023, ainsi que des réunions sectorielles régulières couvrant différents domaines de coopération.
Selon Sergueï Lavrov, les activités du Forum jouent un rôle central dans la promotion des relations russo-africaines, en complément des relations bilatérales en développement. Il a souligné que ce rapprochement repose sur des fondements historiques, rappelant le soutien de l’Union soviétique aux mouvements de libération africains et sa contribution à l’édification des États du continent, notamment dans les domaines de l’économie, de l’éducation et de la santé.
Le ministre a reconnu que l’effondrement de l’URSS en 1991 avait entraîné un recul des relations avec l’Afrique, tout en affirmant que cette période était désormais dépassée. Il a estimé qu’une nouvelle phase de coopération était en cours, marquée par ce qu’il a qualifié de « second réveil » du continent africain, axé sur la souveraineté politique, économique et stratégique.
Sergueï Lavrov a affirmé que la Russie soutenait cette dynamique, notamment dans les enceintes internationales, en plaidant pour l’élimination des pratiques contemporaines du néocolonialisme et pour une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU prenant davantage en compte les intérêts africains. Il a également souligné l’importance, pour Moscou, de voir l’Afrique s’exprimer d’une seule voix sur la scène internationale, dans le cadre d’un monde multipolaire.
Sur le plan sécuritaire, la Russie affirme accorder une attention particulière au maintien de la paix et de la stabilité en Afrique, en soutenant le principe de « solutions africaines aux problèmes africains » et en contribuant au renforcement des capacités des États face aux menaces sécuritaires, notamment le terrorisme.
Les principaux axes de la coopération russo-africaine sont définis dans le Plan d’action du Forum de partenariat pour la période 2023-2026, couvrant la sécurité, l’énergie, le commerce, l’éducation, la science et la culture. Selon Moscou, ce plan s’articule avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
La dimension économique figure au cœur des travaux de la conférence du Caire. Le ministère égyptien des Affaires étrangères a indiqué que les discussions porteront sur la coopération économique, commerciale et d’investissement, ainsi que sur le soutien à la paix et à la sécurité. Sergueï Lavrov a rappelé que le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique a dépassé 27 milliards de dollars, en hausse significative par rapport à 2019, estimant que ce niveau restait inférieur au potentiel existant.
La Russie met également en avant son engagement humanitaire et éducatif. Moscou affirme avoir livré des céréales aux pays africains les plus démunis et souligne que plus de 32 000 étudiants africains poursuivent actuellement leurs études dans des établissements d’enseignement supérieur russes.
En marge de la conférence, une présentation de l’Agence égyptienne de partenariat pour le développement (EAPD) est prévue, ainsi qu’une discussion sur la coopération trilatérale entre la Russie, l’Égypte et l’Afrique, selon les autorités égyptiennes.
Sergueï Lavrov a fini par réaffirmer que la Russie se considère comme un partenaire de long terme de l’Afrique, fondant cette relation sur des valeurs de solidarité et de coopération. Il a exprimé sa conviction que la conférence ministérielle du Caire donnera une nouvelle impulsion au partenariat russo-africain et préparera la tenue du troisième Sommet Russie–Afrique prévu en 2026.