Saïed dénonce des irrégularités de gestion à la Société Ellouhoum

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En visite inopinée le 24 février 2026 dans les locaux de la Société Ellouhoum, située à El Ouardia, le président de la République, Kaïs Saïed a évoqué des dysfonctionnements majeurs dans la gestion de l’entreprise publique et, plus largement, dans l’organisation de toute la filière.

Lors de ses échanges avec les responsables et les agents, le président a dénoncé des irrégularités de gestion, des dossiers de corruption documentés, ainsi que des tentatives antérieures de cession ou de privatisation de la société, qualifiées de manœuvres ayant contribué à fragiliser son rôle régulateur. Il a également critiqué l’état de certaines infrastructures, notamment celles du complexe d’abattage, et pointé des défaillances en matière d’hygiène et de contrôle sanitaire.

Le chef de l’État a, par ailleurs, évoqué l’existence de réseaux internes soupçonnés de commercialiser de la viande impropre à la consommation, tout en accusant certaines parties d’avoir exercé des pressions pour empêcher l’importation de viande, ce qui aurait accentué la raréfaction de l’offre et contribué à la hausse des prix.

En effet, cette visite intervient dans un contexte marqué par une hausse significative des prix de la viande rouge à l’échelle nationale. Sur plusieurs marchés, le kilo d’agneau dépasse les 60 dinars, tandis que la viande bovine franchit les 52 dinars, des niveaux jugés élevés aussi bien par les consommateurs que par les professionnels du secteur.

Invité le 22 février 2026 sur les ondes de Diwan FM, le président de la Chambre syndicale nationale des bouchers, Ahmed Amiri, a dressé un constat alarmant, estimant que cette flambée résulte d’un déséquilibre structurel entre l’offre et la demande, aggravé par l’affaiblissement continu de la production nationale.

Selon lui, le cheptel tunisien s’est considérablement réduit au cours des dernières années, notamment en raison de l’abattage des femelles reproductrices, une pratique qui compromet le renouvellement du troupeau et limite durablement les capacités d’approvisionnement du marché.

L’absence d’importations, un facteur clé de tension

À cette fragilité structurelle s’ajoute, toujours selon les professionnels, l’absence d’importations de viande réfrigérée à l’occasioncde ce mois de Ramadan. Ahmed Amiri affirme que des demandes ont été adressées dès le mois de janvier au ministère du Commerce afin d’autoriser l’importation de quantités suffisantes pour atténuer la pression sur les prix, sans suite concrète.

Les années précédentes, l’importation régulière de viande avait permis de jouer un rôle d’amortisseur, en limitant les hausses excessives durant les périodes de forte consommation. En l’absence de ce mécanisme, le marché repose aujourd’hui quasi exclusivement sur une offre locale insuffisante, exposée aux tensions saisonnières. De ce fait, pour de nombreux ménages, la viande rouge est devenue de plus en plus difficile d’accès, y compris durant le mois de Ramadan, traditionnellement marqué par une consommation accrue.

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