Une tente de sensibilisation dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes a été organisée hier samedi 6 décembre 2025 à l’avenue 100 mètres, en plein cœur de la ville de Sfax. L’initiative est portée par la section régionale de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), dans le cadre de la campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, sous le slogan :
« Unissez-vous ! Zéro tolérance face à la cyberviolence – Non aux excuses face à la violence numérique… La violence digitale est une violence réelle ».
Cette action s’inscrit dans le cadre du programme « Amna », mis en œuvre en partenariat avec le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), visant une réponse globale et coordonnée aux violences fondées sur le genre. L’objectif est clair : briser le silence, exposer les nouvelles formes de violences, notamment numériques, et rappeler que l’impunité ne peut plus être tolérée.
Dans une déclaration accordée à Réalités Online, la présidente de la section de Sfax de l’ATFD, Sabria El Frikha, a révélé que 1 125 femmes victimes de violences ont été accueillies par l’association depuis sa création jusqu’à fin 2025. Un chiffre lourd de sens, qui démontre l’ampleur du phénomène, loin des discours rassurants et des statistiques officielles aseptisées.
Elle a précisé que cette manifestation vise également à faire connaître les services du centre « Naïma Nsiri », dédié à l’accompagnement des femmes victimes de violences, à travers une prise en charge juridique, psychologique et sociale. La tente a également accueilli une exposition photographique ainsi que des ateliers interactifs destinés au grand public, pour provoquer le débat et casser la banalisation de la violence.
Plus révélateur encore, Sabria El Frikha a souligné que la période de gel des activités de l’ATFD a coïncidé avec une hausse marquée de l’affluence des femmes en quête d’orientation juridique et de soutien psychologique. Une réalité dérangeante, qui prouve, s’il le fallait encore, que l’association reste un rempart vital face à la détresse de nombreuses femmes, dans un contexte institutionnel souvent défaillant.
Cette initiative rappelle une évidence que certains continuent à ignorer : les violences faites aux femmes, y compris numériques, ne sont ni marginales ni virtuelles. Elles détruisent des vies bien réelles et exigent des réponses fermes, durables et cohérentes. Au-delà de la sensibilisation, il est temps que la protection devienne une priorité nationale.