Le projet « Spore-Med » a été officiellement lancé à Sfax. Il vise à valoriser les produits et composants des eaux usées traitées pour un usage agricole. Ce projet est soutenu par un programme de l’Union européenne et associe l’Université de Sfax à des universités d’Espagne, d’Italie, de Chypre, de Grèce et du Maroc.
Sabri Slimi, directeur de la Direction Sud de l’Office national d’hygiène et d’assainissement (ONAS), a indiqué que ce projet s’inscrit dans la stratégie de l’État pour la réutilisation des eaux usées traitées. Environ 65 millions de mètres cubes d’eaux usées sont collectés chaque jour dans la région Sud et traités dans 27 stations d’épuration. Cependant, le taux de réutilisation de ces eaux reste faible. À Sfax, plus de 20 millions de mètres cubes d’eau sont collectés quotidiennement, mais cette eau est principalement rejetée en mer. Un seul projet existant permet de réutiliser environ 8 % des eaux rejetées.
La réutilisation des eaux usées traitées relève principalement du ministère de l’Agriculture et nécessite le respect d’un cahier des charges précis. Plusieurs projets sont en cours avec les ministères de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Industrie, ainsi qu’avec l’ONAS. Parmi eux, l’extension de la station d’épuration de Sfax Sud, dont la capacité doit passer de 150 à 450 hectares. Les stations de Sfax Nord, d’Agareb et de Mahres sont aussi concernées par des projets de réutilisation via un traitement tertiaire. Un programme national fixe un objectif de réutilisation de 70 % des eaux traitées d’ici 2050.
Mohamed Ksibi, coordinateur du projet « Spore-Med », a précisé que le projet, financé par l’UE, a pour but de renforcer la coopération entre universités et industrie. L’objectif est de développer des stations d’épuration et de promouvoir la réutilisation de l’eau via de nouvelles méthodes de traitement. Il s’agit d’éliminer les impuretés visibles, mais aussi les microplastiques et les résidus pharmaceutiques. Parallèlement, le processus permettra d’extraire des nutriments utiles pour les plantes. La création d’une station d’épuration intelligente, fondée sur des recherches scientifiques, fournira des résultats d’analyse automatisés. Les données actuelles montrent que l’eau traitée et réutilisée irrigue entre 10 % et 20 % des espaces verts sans risque environnemental.
Sfax mise sur la réutilisation des eaux usées pour l’agriculture
Junior agricultural scientists researching plants and diseases in greenhouse with parsley