Shanghaï mon amour

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Avec 27 chefs d’Etat venus le féliciter, XI Jimping occupe le point focal de la rampe usurpé jusque-là par Trump. Vexé, la mine triste et le joues blêmes, le milliardaire envoie ses congratulations mi-figue, mi-raisin, au nouveau gestionnaire des grandes affaires. Poutine et Kim Jong Un sont là. Soudain, le chef du Kremlin entouré de « parias » détrône le roi.
Sur les plateaux télévisés, occidentaux et, pour la plupart judaïsés, un florilège d’experts à l’esprit chagrin déverse ses narratifs crétins.
En voici un : « La réglementation de l’OTAN prescrit l’intervention armée des Alliés au cas où l’un d’entre eux serait attaqué».
Membre de l’“organisation de Coopération”, l’Inde consentirait-elle à fournir un coup de main à Pékin pour mater les Taïwanais ? Rien n’est moins certain. Sans traité d’alliance militaire, la nouvelle organisation fléchira devant l’OTAN .
Pourtant, rien n’empêcha la Corée du Nord d’envoyer des soldats seconder ceux de la Russie.
Laissons donc les manichéens suivre leur chemin et poursuivons l’investigation.
L’“Organisation de coopération”, conviée en Chine, regroupe 50% de la population planétaire. Dès l’ouverture de l’assemblée, XI dit : « Il appartient aux meilleurs des rameurs de l’emporter.»
Sous le couvert de la métaphore anodine passe, en contrebande, l’allure militaire d’une déclaration de guerre énoncée par la devenue première des armées.
Face au défilé, Trump, le trompeur mal aimé, ne s’y est pas trompé : « Chine, Russie et Corée du Nord conspirent contre les Etats-Unis ».
La paix affichée occulte la guerre camouflée. Parmi les « Pensées » de Marc Aurèle figure celle-ci : « L’art de vivre se rapproche de l’art de lutter ». Pour XI Jimping, il n’est pas question de coopération avec l’OTAN. A la différence de Trump, XI accomplit ce qu’il dit. « Quand dire, c’est faire », dit Polanyi. A sa façon, Anaxagore de Clazomènes soutenait la même idée au Ve siècle avant J.C. : « L’homme pense parce qu’il a des mains ». Que dit l’impressionnant défilé ? Au moment où chacun parle de paix, la perspective guerrière délibère, fût-elle bien lointaine ou très rapprochée.
Les sous-marins ne sont pas faits pour amuser les gamins.
Dans l’un et l’autre cas, la mort du Nord infernal mijote sur le gril du Sud global. Ainsi pense une part majoritaire de la population mondiale.
Car, outre les nations impliquées dans l’“organisation”, plusieurs autres pays, parmi lesquels figure la Tunisie, sont de tout cœur avec elle. Ceci dit, quelle est donc la raison d’une si ample damnation, condamnation et détestation de l’Occident ?
Elle transite, entre autres stations, par le drame sans nom commis au Moyen-Orient. A ce propos, Trump, le cerbère génocidaire, mérite le prix Machiavel de la sale guerre. De même, les sanctions infligées à quatre magistrats de la CPI suffisent à illustrer le mépris affiché par les USA envers le droit.
L’arrogance impulse l’émergence d’un ordre mondial opposé à l’univers unipolaire. Une exigence pousse vers l’opposition à l’insolence. Précurseur de l’empirisme anglais, Guillaume d’Ockhan écrivait : « Une pluralité ne doit pas être posée sans nécessité ». Celle-ci opère, maintenant, dans l’offensive salutaire menée contre les vampires génocidaires.
Leur impunité révolte l’humanité. Le combat fondateur et fondamental engagé par le Sud global contre le Nord impérial vise l’institution d’un ordre planétaire multipolaire. « C’est dans l’adversité que se révèlent les vraies amitiés », écrivait Cicéron au 1er siècle avant J.C.
A l’extrême opposé de Washington et de Tel-Aviv, ces crapuleux vautours, voici venu Shangaï mon amour.

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