Silence, on assassine les journalistes

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Ils tuent à bout portant des civils affamés, ils massacrent femmes et enfants, rasent des quartiers entiers, coupent les vivres pour plus de deux millions d’âmes, détruisent et bloquent les hôpitaux et les médicaments, font sauter écoles et établissements de soins, exécutent et déportent médecins et cadres médicaux… ces terroristes-là n’ont pas froid aux yeux pour mener une épuration ethnique à Gaza ni d’état d’âme devant une communauté internationale dont une partie est complice et l’autre lâche ou impuissante sans poids géopolitique.  Ce sont ceux-là les vrais terroristes qui ne parlent qu’avec les armes, avec la mort, ne respectent aucune règle, aucune morale, aucune convention ou résolution internationale, déshumanisent tout un peuple, effacent la vie sur terre dans une enclave isolée, encerclée, surpeuplée, occupée, opprimée, rasée.
L’entité sioniste qui prétend être l’unique démocratie dans la région du monde arabe, pratique le terrorisme d’Etat dans les territoires occupés, exhibe une force de frappe qui n’est pas la sienne contre un peuple désarmé, bafoue les droits de l’homme les plus élémentaires comme le droit à l’eau, à la nourriture, aux soins, le droit à la vie, sans compter le droit à l’éducation, à la liberté, à la dignité. Israël est un occupant barbare qui ne respecte rien ni personne, même pas ses amis et ses soutiens. C’est pourquoi il tue aveuglément, il assassine tout, même la voix, celle de ceux qui n’ont pas droit de cité, assassine l’image et la vérité en ciblant directement des journalistes, cette vérité qu’il refuse de montrer au monde, qu’il empêche le monde de voir, parce qu’il craint d’en payer le prix, parce qu’elle le déshonore. Pour s’en justifier : «Tous les Palestiniens sont des terroristes». Non pas que tous les Palestiniens soient des résistants à la barbarie et à l’ignominie de ceux qui ne savent pas comment se trouver une terre, comment devenir les maîtres des lieux, comment vivre avec et aux côtés des autres. Netanyahu s’imagine-t-il un seul instant le degré d’hypocrisie qui l’entoure dans son entourage arabe et dans son cercle d’amis plus lointains ?
L’entité sioniste qui veut être un Etat respectable a lâchement et délibérément assassiné plus de 250 journalistes palestiniens à Gaza depuis le 7 octobre 2023, le nombre le plus élevé de tous les conflits armés de l’histoire de l’humanité, assure la Fédération internationale des journalistes. Ils sont tombés en martyrs sous les balles ou les missiles ou encore les drones de l’armée la plus immorale du monde qui aimerait bien perpétrer «son» génocide loin des caméras, loin des témoins oculaires qui archivent ses crimes de guerre pour l’histoire, dans le noir, dans le mutisme et avec la complicité coupable et ignoble de ses sinistres soutiens. Mais des témoins qui font parvenir au monde ce qu’Israël voudrait taire et cacher il y en a eu. Ils ont mis à nu Netanyahu, son gouvernement nazi et sa guerre d’extermination contre les Palestiniens. Ils ont documenté en direct par le son et l’image l’ignominie de l’armée sioniste et alimenté les médias du monde entier et l’opinion internationale de la matière que Netanyahu empêche d’être immortalisée avec leurs propres caméras. Netanyahu empêche, en effet, les journalistes du monde entier de faire leur travail à Gaza depuis le 7 octobre 2023, de montrer ce qui s’y passe, de dire la vérité, y compris à propos du 7 octobre 2023. Seule la version validée par Netanyahu est admise officiellement et servie au monde entier, tout le reste, les démentis, les autres versions qui mettent le doute sur l’attaque du 7 octobre, est prohibé et ceux qui les relayent sont sanctionnés et même emprisonnés.
Le Premier ministre d’extrême droite israélien a aussi assassiné la liberté d’expression, le devoir d’informer et le droit à l’information, il a amputé la démocratie de ses piliers comme il amputé les enfants de Gaza de leurs membres et de leur avenir. Les journalistes palestiniens qu’il tue à tour de bras par centaines à Gaza ont quand même eu le courage de le dénuder, de le démentir, de mettre à nu sa barbarie et le nazisme de l’entité sioniste qu’il dirige avec des ministres fascistes et sanguinaires.
Netanyahu peut tuer tous les journalistes qu’il y a à Gaza, il en restera toujours des témoins de l’horreur commise par l’armée la plus immorale de tous les temps, ce sont les deux millions de Palestiniens qui vivent à présent sous la famine, une stratégie israélienne organisée, infâme. Mais que dire et que penser des journalistes du reste du monde, des journalistes occidentaux surtout qui ne jurent que par la liberté d’expression et que Netanyahu humilie en leur interdisant d’accéder à une zone de guerre et de faire leur travail de journalistes par eux-mêmes et par leurs propres moyens, les exhortant à se contenter des «informations» distillées par ses propres soins ou par l’armée israélienne ?
Une chose est sûre, la presse peut être muselée mais la vérité finit toujours par jaillir, elle ne meurt pas avec les journalistes, elle reste gravée dans les mémoires et dans les archives de l’histoire. De Shirine Abou Akleh, journaliste américano-palestinienne assassinée par balles à bout portant à Jénine, en Cisjordanie occupée, en 2022, à Anas Charif, correspondant d’Al Jazira à Gaza tué avec un drone le 10 août 2025 avec cinq autres de ses collègues gazaouis, en passant par les plus de 200 chevaliers-martyrs de la presse palestinienne, les micros et les caméras ont été relayés sans crainte des snipers et des avions de combat et la parole libre laissée en héritage. C’est l’esprit du testament d’Anas Charif enregistré quelques mois avant son assassinat, le journaliste palestinien de Gaza qui a été menacé de mort directement par un responsable militaire sioniste avant que l’armée la plus immorale du monde ne passe à l’action et l’exécute. La voix de la vérité survivra parce que la relève sera assurée tant que l’occupant lâche et vil bénéficiera de l’impunité que lui garantissent ses immoraux complices. Il faut espérer malgré tout que les consciences se réveillent et que les dirigeants de ce monde aient le courage d’arrêter Netanyahu et son plan d’occupation totale de Gaza car l’assassinat d’Anas Charif et de ses collègues est un message on ne peut plus fort de ce que compte faire Netanyahu pour prendre possession de la totalité de l’enclave en l’absence de caméras et de témoins crédibles, seul avec sa barbarie et son armée la plus immorale.

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