SNJT: 149 agressions contre les journalistes recensées entre novembre 2024 et octobre 2025 (Vidéo)

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149 agressions ont été recensées contre des journalistes et photographes tunisiens entre novembre 2024 et octobre 2025, a annoncé aujourd’hui le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation de son 9ᵉ rapport annuel sur la sécurité des journalistes.

Ce chiffre, bien qu’en baisse par rapport aux années précédentes où les cas annuels variaient entre 210 et 232, ne reflète pas une amélioration du climat médiatique. Les atteintes restent graves, incluant entraves au travail, harcèlement, poursuites judiciaires, censure, menaces physiques et verbales, détentions arbitraires et intimidation en ligne. Des incidents ciblant des journalistes tunisiens lors de leur couverture de l’action de l’occupation israélienne à Gaza ont également été enregistrés.

Le rapport met en lumière l’essor des agressions numériques et des campagnes de désinformation, ainsi que l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur la liberté d’expression. Ces nouvelles formes de violences exigent une réponse adaptée, comprenant accompagnement juridique et psychologique, protection sur le terrain et stratégies de prévention du harcèlement en ligne.

Sur le plan institutionnel, le SNJT a pointé du doigt l’insuffisance des réponses gouvernementales et le recours abusif au décret 54 de 2022, utilisé pour réprimer l’expression numérique. L’absence d’une loi efficace sur l’accès à l’information et le gel des institutions clés comme la Haute Autorité indépendante de la communication audiovisuelle et la commission d’accès à l’information limitent considérablement le droit des journalistes à exercer librement leur métier.

Le rapport formule un ensemble de recommandations concrètes. Dans ce contexte il appelle la Présidence de la République à réviser son ton envers les médias et à mettre fin à l’impunité des agressions contre les journalistes. Pour sa part, le rapport souligne que le Parlement doit réformer le décret 54, développer l’éducation aux médias et renforcer le rôle du Conseil de communication audiovisuelle.

Le rapport appelle également le Gouvernement à lever les obstacles administratifs à l’accès à l’information et à relancer la réforme des médias publics. En ce qui concerne le Pouvoir judiciaire, le rapport insiste sur la nécessité de garantir des enquêtes rapides et d’assurer la protection des journalistes victimes. Le rapport précise que le Ministère de l’Intérieur doit enquêter sur les abus de ses agents et améliorer la coordination avec les journalistes sur le terrain.

Du côté des médias, le rapport recommande de sécuriser les journalistes, d’adopter des politiques internes de protection et de lutter contre le harcèlement et la discrimination. Enfin, le rapport appelle la société civile et les organisations internationales à créer un fonds de soutien juridique et à organiser des campagnes contre les violences, y compris celles facilitées par les technologies numériques.

Ce rapport conclut que la liberté de la presse en Tunisie reste fragile et conditionnée par une volonté politique réelle de réformer le cadre légal et institutionnel, afin d’assurer un environnement sûr et libre pour tous les journalistes.

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