Soupçon

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Le 25 décembre, lors de la traditionnelle « Urbi et Orbi », Léon 14 mentionne la Palestine et incrimine les responsables de la famine.
Dans les territoires usurpés, démolition d’immeubles, création de nouvelles colonies, profanation d’Al Aqsa, tirs à bout portant et arrestations émaillent le quotidien palestinien. De coutume, Tsahal affirme et le Hamas confirme. Mais cette fois, « un engin dirigé vers Israël » contraint son armée à riposter.
Netanyahu le fit et le Hamas, crédible selon l’ONU et d’autres organismes internationaux, le nie. De l’infirmation provient le soupçon. Car, pour les occupants, l’impératif existentiel exigerait la perpétuation de la pression avec ou sans prétexte probant. Mais, parfois, la défense palestinienne, excédée par l’outrance des colons, passe à l’action.
Le 14 décembre, lors de la fête juive dénommée Hanouka (Fêtes des Lumières), la fusillade abat quinze personnes et en blesse une quarantaine sur la plage de Bondi à Sydney.
L’attaque réplique au nettoyage ethnique. Mais d’après Netanyahu, l’expert en cynisme, le gouvernement australien « jette de l’huile sur le feu de l’antisémitisme » par « son laxisme ». Il ne fait guère assez contre le soutien accordé aux Palestiniens. Le premier ministre australien réfute l’allégation du crétin reliant la fusillade à la reconnaissance australienne de la souveraineté palestinienne.
Machiavélique, Israël croit gagner sur deux tableaux, l’entreprise génocidaire et l’impunité plénière. Dans son poème titré “ L’imprévu”, Baudelaire fustige et raille cette manière grossière : « Avez-vous donc pu croire, hypocrites surpris, / qu’on se moque du maître, et qu’avec lui l’on triche / Et qu’il soit naturel de recevoir deux prix / D’aller au ciel et d’être riche ? »
Obtus, le sionisme donne à voir le prévisible pour l’imprévu. Hélas, chassé par la porte, « L’imprévu » rapplique par la fenêtre. Palestiniens ou non, les révoltés contre le génocide crient dans bien des pays.Les fusillades risquent donc de compromettre, partout, dans cette Riviera, la sérénité, le sommeil, les fêtes et les ballades. Chasser un peuple et occuper son territoire ne saurait festoyer. « Avez-vous donc pu croire… ».
Une large part de la population planétaire condamne la production de la famine dans la prison à ciel ouvert encerclée par Israël, tête de pont colonial de l’Occident impérial.
Aujourd’hui, l’Algérie vote, à l’unanimité, la criminalisation de la colonisation. Pressé d’achever « le travail », Netanyahu autorise le port d’armes à feu par les civils. Allez-y, canardez les Palestiniens en toute impunité. Outre la rétroaction opposée aux criminels de guerre, une seconde leçon, tout aussi approfondie, fut assénée à la chienlit. Ahmad al Ahmad, 43 ans, de parents syriens, marchand de fruits, avance à pas de loup, tel un Sioux vers le tireur et, une fois parvenu à la distance appropriée, bondit sur l’auteur de la fusillade, le neutralise et réussit à lui arracher son fusil. Pour tous, y compris le premier ministre, l’homme devenait le héros adulé. Sauveur de vies, le geste, héroïque, transcende le clivage ethnique. Il n’y a plus ni rabbin ni Palestinien, tous, vous êtes australiens.
Ahmad al Ahmad proclame : « En tant que musulman, quand il y a des attaqués, on doit les protéger parce que notre religion est une religion de paix. » Enoncée dans le feu de l’action risquée, l’expression convie les regards émerveillés à contempler le ciel étoilé.
A ce propos, valorisateur du «dasein», l’être-au monde heideggerien, Marx. le rabat-joie, dira : « La religion, c’est l’opium du peuple ». Ce mot figure dans « Critique de la philosophie du droit de Hegel » (1843). Mais face à l’audace inouïe, sa fondation sur la religion ne saurait inviter à faire le dégoûté. Dans le Nouveau Testament, au chapitre 21, Jésus de Nazareth en Galilée, dit : « Tout ce que vous demandez avec foi, par la prière, vous le recevez ». Aux croyants, le Coran, aussi, promet le paradis.

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