Après vingt ans d’absence, le Festival des Musiques du Monde de Tabarka signe son grand retour du 27 au 30 août. La dernière édition, la cinquième, remonte à 2005, organisée alors sous l’impulsion du défunt Dr Jilani Dabboussi, ancien maire de la ville.
Cette relance a été initiée par l’Association Al Wafa pour la promotion théâtrale, présidée par l’homme de théâtre Nouar Dhouwi avec le soutien du gouverneur de Jendouba, Taieb Dridi.
Dans une déclaration à Réalités Online, le chercheur en patrimoine local et directeur du festival Slim Brirmi a expliqué : « L’idée de relancer ce festival est née de la réussite qu’il avait connue au début des années 2000. Nous avons eu l’accord de plusieurs artistes internationaux pour se produire à Tabarka. Malheureusement, suite à une décision du ministère des Affaires culturelles rappelant que tout spectacle étranger doit être autorisé au préalable, leurs concerts ont été annulés. Même les hôtels et espaces privés, qui devaient les accueillir en parallèle, ont décliné pour la même raison. Nous avons donc dû privilégier cette année une programmation 100 % tunisienne. »
Il a précisé toutefois que pour les prochaines éditions, une meilleure anticipation permettra de coordonner à l’avance et de programmer des artistes étrangers. Brirmi a également rappelé que le Théâtre de la Mer, dont la capacité atteint 6 000 spectateurs, est lui-même un héritage de Jilani Dabboussi : « Le festival est né grâce à lui. Lors de la soirée d’ouverture, un hommage sera rendu aux bâtisseurs de cet événement, notamment à son fondateur, ainsi qu’à son fils Sami Daboussi, que nous espérons voir présent. »a-t-il affirmé.
Slim Brirmi a précisé que le programme de cette sixième édition s’annonce riche et varié. La soirée d’ouverture, le 27 août, sera animée par un concert de Nordo. Le 28 août, le public retrouvera l’enfant du pays, Jenjoun, accompagné de Hama k8t (Khalil Briki). Le 29 août, le maestro Qutaiba Rahali présentera le spectacle Yallah Nghani, qui allie tradition et modernité tout en impliquant directement le public dans la musique et la danse. Le festival se clôturera le 30 août avec une prestation de Mourtadha Ftiti, promettant une soirée festive et mémorable pour tous les spectateurs.
En parallèle aux grands concerts, le festival propose également des animations musicales et artistiques dans différents espaces de la ville, avec une dimension festive et participative.
Malgré l’importance culturelle du festival, l’organisation a dû faire face à l’absence de soutien financier direct de la part des ministères du Tourisme et des Affaires culturelles. Slim Brirmi souligne toutefois que le festival a bénéficié d’un soutien moral et logistique, permettant malgré tout de mener à bien la programmation et d’assurer la qualité des spectacles.
Plus qu’un simple retour, cette édition marque une renaissance artistique et culturelle pour Tabarka, qui retrouve son rôle de carrefour musical ouvert sur le monde, tout en rendant hommage à sa propre mémoire et à ceux qui ont bâti son histoire. Avec ses 6 000 places, le Théâtre de la Mer, emblème du festival, promet de transformer chaque concert en un rendez-vous unique entre artistes et public.