Des députés au parlement tunisien ont appelé la présidence de la République et le gouvernement à remercier et encadrer le jeune accusé d’avoir piraté le système d’orientation universitaire, plutôt que de le placer en détention.
Dans une publication sur sa page Facebook, la députée Asma Derouiche a estimé que « mettre un jeune en prison pour avoir exploité une faille dans un système informatique non protégé constitue une grave erreur à l’égard de notre jeunesse et de nos talents nationaux ». Elle a ajouté : « Ce jeune n’était ni un criminel ni un vandale, il cherchait simplement à démontrer son intelligence et à signaler une faille de sécurité grave. Au lieu de le remercier, nous le punissons»
S’adressant directement au président de la République, Asma Derouiche a souligné : « À l’ère des cyber-guerres, les pays qui réussissent ne sont pas ceux qui possèdent uniquement les plus grandes armées terrestres, mais ceux qui protègent leur espace numérique grâce aux esprits les plus brillants. Nos jeunes possèdent cette intelligence et cette curiosité exceptionnelles… Devons-nous tuer ce talent dans l’œuf ou l’investir pour protéger la nation ? »
La députée a insisté sur la nécessité pour l’État de canaliser ces talents, les encadrer, leur fournir les connaissances et moyens nécessaires, et les employer à détecter les vulnérabilités avant que des acteurs hostiles ne les exploitent.
Le contexte de cette affaire remonte à la semaine dernière, lorsqu’une douzaine d’élèves ayant réussi le baccalauréat ont découvert qu’ils avaient été orientés vers des filières qu’ils n’avaient pas choisies. Les autorités ont arrêté le jeune suspect, un élève ayant échoué au bac cette année, pour manipulation de données du système d’orientation universitaire touchant plus de 10 autres élèves.