Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune et son homologue français, Emmanuel Macron, ont convenu, ce lundi 31 mars lors d’un entretien téléphonique, de relancer la coopération dans des domaines cruciaux, tels que la sécurité, la migration, et le développement économique. Les deux présidents, ont également convenu de poursuivre les travaux de la commission des historiens et d’organiser une rencontre prochaine pour concrétiser ces engagements.
D’après un communiqué publié par la présidence algérienne, Tebboune et Macron ont abordé les relations bilatérales et les tensions récentes. Ils ont réaffirmé leur volonté de reprendre un dialogue constructif basé sur l’Accord d’Alger de 2022, qui a permis des avancées sur la mémoire historique, comme la création d’une commission commune d’historiens. Une visite du ministre français des Affaires étrangères à Alger est prévue pour le 6 avril 2025.
Rappelons que les relations entre l’Algérie et la France ont traversé plusieurs périodes de tension au cours des dernières années, principalement en raison des questions liées à la mémoire coloniale et à la guerre d’indépendance. L’Algérie réclame des excuses officielles de la France pour les atrocités commises pendant la colonisation et insiste sur la restitution des archives et des restes des résistants algériens. Bien que des progrès aient été réalisés, comme la reconnaissance de certains crimes, les tensions persistent, notamment avec la question de la reconnaissance des crimes coloniaux.
Les relations ont également été exacerbées par des déclarations politiques, comme celle du président Emmanuel Macron en 2021, qui a affirmé que « la nation algérienne » n’existait pas avant la colonisation, ce qui a suscité l’indignation en Algérie et conduit à des tensions diplomatiques. Sur le plan économique, bien que la France demeure un partenaire commercial clé de l’Algérie, les divergences politiques compliquent parfois la coopération.
Malgré ces tensions, les deux pays continuent de collaborer, notamment dans les domaines de la sécurité, du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, en particulier en Afrique du Nord et au Sahel.