Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a affirmé dans la soirée de samedi qu’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre a été « largement négocié », mais est « sous réserve d’être finalisé » entre les deux pays et d’autres de la région.
Le projet d’accord avec l’Iran inclut, selon Trump, la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le journal Libération indique que ce message publié par le président américain est intervenu après une discussion au téléphone avec de nombreux dirigeants d’Etats du Golfe. Des entretiens lors desquels, une incitation de ces derniers à adhérer dans les accord Abrahamique a été évoquée par Trump et accueillie par un silence par ces derniers.
Du coté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï avait affirmé à la télévision d’Etat qu’« après plusieurs semaines de pourparlers bilatéraux, on observe une tendance au rapprochement » avec les positions américaines, en révélant que son pays était en « phase de finalisation » d’un protocole d’accord avec Washington en vue de cesser les hostilités.
Cependant, le bémol est toujours mis du coté iranien. « Cela ne signifie pas nécessairement que nous et les Etats-Unis parviendrons à un accord sur les questions importantes », avait-t-il cependant ajouté, précisant que le dossier nucléaire ne faisait pas partie « à ce stade » de l’accord en discussions. Un bémol qui signifie aussi que la confiance n’est pas totalement établie du coté iranien.
Ceci est confirmé lors de la conversation que le ministre des affaires étrangères iranien a eu avec le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres et rapportée par la presse iranienne. Abbas Araghchi, s’est plaint, lors de cette conversation, des « positions contradictoires et des demandes excessives et répétées » des Etats-Unis.
Pour lui, Ces facteurs « perturbent le processus de négociations menées sous l’égide du Pakistan ». Abbas Araghchi ajoute que, « Malgré sa profonde méfiance envers les Etats-Unis, la république islamique d’Iran s’est engagée dans ce processus diplomatique avec un esprit de responsabilité et le plus grand sérieux, et s’efforce de parvenir à un résultat raisonnable et équitable ».
A rappeler que le médiateur pakistanais, en la personne du chef de l’armée pakistanaise est arrivé vendredi à Téhéran pour tenter de mettre fin à la guerre. « Le maréchal Asim Munir est arrivé à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation en cours », a annoncé l’armée pakistanaise dans un communiqué en fin de journée.
En quoi consiste cet accord ?
D’après la presse américaine, le premier point de cet accord consiste dans « l’assouplissement » des sanctions imposées à l’Iran. Selon CBS News, qui cite des sources proches des discussions, cet « assouplissement » comprendrait le dégel de certains actifs iraniens dans des banques à l’étranger et la poursuite des négociations pour 30 jours supplémentaires. Un délai que rapporte également le Wall Street Journal.
L’accord permettrait d’autre part la réouverture du détroit d’Ormuz. Ainsi, l’accord permettrait aux navires de franchir à nouveau Ormuz, vital pour l’économie mondiale. Ce point fondamental, a été indiqué avec une attention particulière dans un message publié par Trump sur sa plateforme Truth Social et confirmé par l’agence de presse iranienne Fars.
Cependant, l’accord discuté ne règle en revanche pas la question de la façon dont l’Iran se débarrasserait précisément de ses stocks d’uranium enrichi, qui ferait l’objet d’un prochain cycle de négociations « dans les semaines ou mois à venir », a rapporté le New York Times en s’appuyant sur des responsables américains. Idem pour la question du Liban dont un cesser le feu entre Israel et le Hezbollah ne semble pas encore envisageable.
C’est finalement d’un « fifty-fifty » qu’il s’agit, selon les estimations de Trump lui-même. Comme les deux parties peuvent parvenir à un « bon » accord, comme une reprise de la guerre plane toujours.
Certes, les jours à venir apporteront du nouveau.
Krimi Abderrazek