Témoignage poignant de Lina Ben Salah après le décès brutal de son père Dr Slim Ben Salah

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Lina Ben Salah,  fille de l’ancien président du Conseil de l’Ordre des médecins, Dr Slim Ben Salah, est sortie de son silence. Dans un témoignage poignant rendu public, elle revient sur la disparition brutale de son père, décédé le 9 janvier dernier à l’aéroport de Tunis-Carthage, dans des circonstances qui continuent de susciter la polémique.

Médecin de profession, Lina Ben Salah dresse dans ce témoignage le portrait d’un homme droit, engagé, profondément humain, dont la vie et la mort ne peuvent être réduites à un simple fait divers.

Il convient de noter que ce témoignage fait suite à une lettre ouverte publiée auparavant par sa mère, Kawther Belkhiria, adressée à la Présidence de la République et aux autorités concernées, dans laquelle elle revient en détail sur les circonstances du décès du Dr Slim Ben Salah, survenu le 9 janvier 2026 à l’aéroport international de Tunis-Carthage, après un malaise cardiaque. Elle y dénonce une prise en charge tardive, l’absence de médecin sur place, le manque de médicaments d’urgence, l’état défaillant de l’infirmerie et l’absence d’un dispositif de secours adapté. Selon son témoignage, malgré les appels au SAMU et les tentatives de leur fille, elle-même médecin, aucune intervention efficace n’a été assurée à temps, conduisant à un arrêt cardio-respiratoire fatal avant son transfert vers un établissement hospitalier.

 Ci-après, le témoignage de Lina Ben Salah dans son intégralité.

Aujourd’hui, je prends la parole avec un cœur lourd, mais aussi avec une immense gratitude. Gratitude envers tous ceux qui ont aimé mon papa, envers tous ceux qui lui rendent hommage, envers tous ceux qui ont su voir l’homme exceptionnel qu’il était. Vos messages, vos prières, votre présence nous ont portés dans cette épreuve. Ils ont été une lumière dans notre nuit.

Je m’excuse de ne pas avoir pu répondre à chacun comme je l’aurais souhaité. Papa, dans sa profonde humilité, m’a appris le respect des autres avant tout. Il m’a appris à répondre à chacun, à ne jamais ignorer une âme qui s’adresse à toi. Il me répétait : « Ceux qui te parlent attendent une attention, un mot, une présence… ne laisse jamais personne attendre, ma fille. ».

Je n’ai pas encore la force d’affronter pleinement cette nouvelle réalité, devenue mon quotidien. Le silence est parfois la seule langue que la douleur me laisse parler.

Depuis le 9 janvier, le temps n’a plus la même couleur. Ce jour-là, nos vies ont basculé. Pourtant, à travers vos témoignages, j’ai parfois l’impression que papa est encore là, à nos côtés, nous tenant la main comme il l’a toujours fait. Et cela nous aide à tenir debout.

Papa était tout pour nous : pour ma maman, pour Nour et pour moi. Il était notre repère, notre force, notre lumière. Il était celui vers qui l’on se tournait quand tout vacillait. Il n’était pas seulement un père, il était un pilier, une présence constante, un cœur toujours ouvert.

Il a connu l’injustice très tôt dans sa vie. Il a grandi dans l’épreuve. Pourtant, jamais il n’a laissé la dureté du monde durcir son âme. Son plus grand bonheur, c’était sa famille. Il donnait sans compter, sans attendre en retour. Il était présent à chaque instant, dans sa maison comme dans son travail, avec une sincérité rare, avec un engagement total, avec le cœur et l’âme.

Tous ceux qui l’ont connu le savent : il était vrai, entier, profondément humain. Un homme qui parlait avec le cœur, qui vivait avec le cœur.

Le perdre de cette manière brutale et injuste est une blessure qui ne se refermera jamais vraiment. Lui, qui s’est battu toute sa vie contre le courant, pour défendre ce qui était juste, pour améliorer ce qui était défaillant…

Aujourd’hui, la douleur se mêle à la colère, à l’incompréhension, à l’indignation. Mais nous refusons que cette injustice efface ce qu’il a été. Nous refusons que son histoire se termine dans le silence.

L’Histoire retiendra qu’un homme droit, généreux et courageux a donné sa vie à servir, à corriger, à protéger, à construire.

Et moi, je veux retenir autre chose encore : je veux retenir son regard, sa voix, ses conseils, ses sacrifices, son amour inconditionnel. Je veux retenir l’homme qu’il était pour nous, le père qu’il a été, l’exemple qu’il nous laisse.

Papa, tu nous manques.

Tu nous manques infiniment…

Mais nous promettons de porter ton nom avec dignité, de faire vivre tes valeurs, de continuer ton combat pour la justice, la vérité et l’humanité.

Qu’Allah, dans Son infinie miséricorde, t’accueille parmi les âmes pures et t’ouvre les portes de Son Paradis éternel. 🤍

Repose en paix, papati ..

 

 

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