Tempêtes au large de Nabeul et Hammamet : des poissons d’élevage retrouvés dans les prises des pêcheurs

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Les épisodes de forte houle et de vents violents enregistrés ces derniers jours au large des côtes de Nabeul et Hammamet ont provoqué des dommages au niveau de plusieurs installations d’aquaculture marine implantées à proximité de la zone. Selon des sources professionnelles, ces conditions météorologiques ont entraîné la détérioration de cages d’élevage, permettant la fuite de quantités importantes de poissons vers le milieu naturel.

À la suite de ces incidents, des pêcheurs artisanaux opérant dans la région ont signalé des prises inhabituelles de poissons généralement issus de l’aquaculture, notamment des loups de mer, des daurades et des corbs. Ces captures ont été observées dans les jours ayant suivi la tempête, en particulier dans les zones côtières situées à proximité des fermes aquacoles touchées.

Des dégâts matériels déclarés par les exploitants aquacoles

Du côté des exploitants d’aquaculture, les intempéries ont causé des dommages aux cages flottantes, aux systèmes d’ancrage ainsi qu’aux filets de confinement. La casse de ces infrastructures a entraîné soit la fuite des poissons, soit leur mortalité, selon l’intensité des dégâts et la durée d’exposition aux conditions défavorables.

L’aquaculture marine en Tunisie repose essentiellement sur l’élevage en cages, une activité particulièrement sensible aux aléas climatiques, notamment aux tempêtes, à la forte houle et aux changements brusques des paramètres de l’eau. Ces événements peuvent également provoquer une désoxygénation du milieu ou accentuer le stress des poissons, augmentant les risques sanitaires.

L’assurance aquaculture, un mécanisme central de gestion des risques

En Tunisie, depuis quelques années, les fermes aquacoles bénéficient de dispositifs d’assurance spécifiques destinés à couvrir les principaux risques liés à leur activité. Ces polices d’assurance prennent généralement en charge les pertes et dommages résultant d’événements climatiques extrêmes, tels que les tempêtes ou les inondations, ainsi que les dégâts matériels affectant les cages, les filets et les équipements.

Les contrats d’assurance aquaculture incluent également, selon les garanties souscrites, la couverture du cheptel piscicole en cas de mortalité massive, de maladies, de pollution ou de fuite des poissons consécutive à un sinistre reconnu. Les mécanismes d’indemnisation reposent sur une évaluation technique des dommages et permettent, dans de nombreux cas, une compensation financière intégrale des pertes déclarées.

Un cadre réglementaire en évolution

Le secteur de l’aquaculture s’inscrit dans un cadre réglementaire en cours de consolidation, avec une attention croissante portée à la gestion des risques climatiques et à la résilience des exploitations face aux événements extrêmes. Des discussions sont également engagées au niveau institutionnel afin d’adapter les dispositifs d’assurance aux spécificités de l’aquaculture marine et à l’évolution des conditions environnementales.

Par ailleurs, l’existence d’un fonds dédié aux calamités naturelles constitue un levier complémentaire, bien que plusieurs acteurs du secteur estiment que son champ d’intervention pourrait être élargi afin de mieux répondre aux réalités du monde agricole et halieutique.

Si les tempêtes ont occasionné des pertes matérielles pour les exploitants aquacoles, elles ont également eu des effets indirects sur l’activité de la pêche artisanale locale. La présence de poissons d’élevage dans les zones de pêche a temporairement modifié la composition des prises, sans pour autant constituer un changement structurel des ressources halieutiques.

La répétition des épisodes climatiques extrêmes renforce les enjeux liés à la protection des installations aquacoles et à l’adaptation des mécanismes d’assurance. Dans un contexte marqué par le changement climatique, la question de la durabilité des modèles de production et de la couverture des risques apparaît de plus en plus centrale pour l’ensemble de la filière halieutique tunisienne.

Crédit photos: Oussema Souaia 

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