Torchage de gaz : Le lourd tribut économique de trois pays africains en 2024

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En 2024, la pratique du torchage, soit la combustion du gaz naturel qui s’échappe lors de l’extraction pétrolière, a atteint son plus haut niveau depuis 2007 avec 151 milliards de mètres cubes de gaz brûlés, selon le dernier rapport de la Banque mondiale. La quantité dont il est question équivaut à la consommation annuelle de gaz de l’ensemble du continent africain. Les compagnies pétrolières recourent à cette technique par manque d’infrastructures pour capter et valoriser ce gaz associé. Bien que de nombreux pays se soient engagés à éliminer progressivement cette pratique d’ici 2030, les volumes torchés continuent d’augmenter, représentant un manque à gagner économique de 63 milliards de dollars.
Trois pays africains parmi les principaux responsables
L’Algérie, le Nigeria et la Libye figurent parmi les neuf pays responsables de 76% du torchage mondial. Ensemble, ils ont brûlé plus de 20 milliards de mètres cubes de gaz en 2024. Le Nigeria présente la situation la plus alarmante avec une augmentation de 12% de son torchage, alors que sa production pétrolière n’a progressé que de 3%. Paradoxalement, ce sont les opérateurs locaux, qui ne représentent qu’une faible part de la production, qui sont à l’origine de 60% du gaz torché dans le pays.
La situation en Algérie et en Libye montre des baisses de torchage, mais celles-ci s’expliquent principalement par la diminution de la production pétrolière due à l’épuisement des champs pour le premier et à l’instabilité politique pour le second. Ces réductions ne reflètent donc pas une réelle amélioration des pratiques industrielles.
Des conséquences environnementales et économiques majeures
Le torchage a des impacts multiples. Sur le plan environnemental, il a rejeté 389 millions de tonnes équivalent CO2 dans l’atmosphère en 2024, dont 46 millions de tonnes de méthane, un gaz particulièrement nocif pour le climat. Sur le plan économique, la Banque mondiale estime que la valorisation de ce gaz pourrait rapporter entre 19 et 63 milliards de dollars par an aux pays producteurs.
L’initiative « Zéro torchage de routine d’ici 2030 », lancée en 2015, rassemble désormais 36 gouvernements et 60 compagnies pétrolières. Cependant, les investissements nécessaires pour éliminer cette pratique, estimés à environ 100 milliards de dollars, restent un obstacle majeur. Pourtant, ces fonds permettraient non seulement de réduire les émissions, mais aussi d’améliorer l’accès à l’énergie dans des pays où une partie importante de la population en est encore privée.

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