Transformation numérique en Afrique : le rôle clé de l’intelligence artificielle

Your browser does not support the audio element.

Le rapport de Mastercard publié le 5 août 2025 dessine une Afrique en pleine mutation sous l’effet de l’intelligence artificielle. Le marché du continent devrait passer de 4,51 milliards de dollars en 2025 à 16,53 milliards en 2030, avec une croissance annuelle moyenne de 27,42 %. Ces chiffres impressionnants ne doivent cependant pas masquer les obstacles qui persistent, comme le manque d’infrastructures, la pénurie de compétences ou l’absence de cadres réglementaires adaptés.

L’IA commence déjà à transformer des domaines clés. Au Ghana, Farmerline a permis d’augmenter la productivité agricole de 30 % grâce à des outils d’analyse des données météorologiques et commerciales. Dans le secteur financier, des entreprises comme M-Pesa et M-KOPA utilisent des modèles de notation de crédit pour faciliter l’accès aux prêts. Par ailleurs, des solutions IA améliorent l’éducation et la santé, comme au Rwanda où des chatbots aident à diagnostiquer des maladies dans les zones rurales. Ces avancées restent toutefois limitées par rapport au potentiel réel, notamment dans un continent où 400 millions de personnes n’ont toujours pas accès aux services bancaires.

Si certains pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte ou le Rwanda ont pris de l’avance en matière de stratégies IA, les inégalités sont criantes. Environ 70 % des centres de données africains se trouvent en Afrique du Sud, ce qui limite l’accès aux technologies dans d’autres régions. De plus, le manque de formations spécialisées et la faible prise en compte des langues locales dans les modèles d’IA réduisent leur efficacité. Les investissements, bien qu’en hausse, restent insuffisants : en 2023, les start-up africaines axées sur l’IA ont reçu 610 millions de dollars en Afrique du Sud, 218 millions au Nigeria et seulement 15 millions au Kenya.

Pour que l’IA profite pleinement au continent, une meilleure gouvernance s’impose. Les pays africains doivent développer des politiques adaptées, encourager le partage de données et investir dans les infrastructures. Sans cela, le risque est grand de voir se creuser les inégalités plutôt que de les réduire. L’enjeu est de taille, mais les opportunités le sont tout autant, avec 230 millions d’emplois potentiels à créer d’ici 2030. L’Afrique a les cartes en main, à condition de les jouer stratégiquement

Related posts

Intelligence artificielle : 4 000 comédiens français tirent la sonnette d’alarme et réclament un cadre strict

Intrusion armée à la résidence de Donald Trump : un homme abattu

« Grand Israël » : La sortie polémique de Mike Huckabee