Le ministère du Transport a annoncé, ce vendredi 30 janvier, le lancement d’un appel d’offres international pour l’acquisition de 621 nouveaux bus, dans le cadre du renforcement du parc de transport public. Dans un communiqué publié sur sa page officielle Facebook, le ministère précise que cette initiative s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors d’une réunion de travail tenue le 13 janvier 2026, réunissant l’ensemble des sociétés régionales de transport ainsi que la Société nationale de transport interurbain. À l’issue de cette rencontre, les travaux de préparation du dossier technique ont été engagés, aboutissant aujourd’hui au lancement officiel de la procédure.
Cette opération vise à améliorer la qualité des services rendus aux usagers, à répondre aux attentes croissantes des citoyens et à soutenir la relance durable du transport collectif en Tunisie. Elle marque une étape importante dans la modernisation du secteur, notamment du transport urbain, qui bénéficie d’une attention particulière de la part des autorités.
Toutefois, en dépit de cet effort consenti en faveur des bus et du transport urbain, le transport ferroviaire demeure largement relégué au second plan, en particulier sur les grandes lignes reliant les régions du pays. Cette mise à l’écart soulève de nombreuses interrogations, alors même que le rail constitue un levier stratégique pour la mobilité interrégionale, la cohésion territoriale et la réduction de la pression sur le réseau routier.
Le vieillissement avancé du parc roulant de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT), combiné à des pannes récurrentes et à des dysfonctionnements techniques persistants, continue de pénaliser lourdement les usagers. Retards à répétition, annulations de trajets, conditions de voyage dégradées et manque de fiabilité sont devenus le quotidien de milliers de citoyens, notamment dans les régions intérieures, sans que des solutions concrètes et durables ne soient mises en œuvre.
Malgré l’urgence de la situation, les responsables concernés semblent peu enclins à engager une réforme structurelle du secteur ferroviaire ou à accélérer les investissements nécessaires à sa modernisation. L’absence d’un plan clair de renouvellement du matériel roulant et de mise à niveau des infrastructures renforce le sentiment d’abandon ressenti par les usagers, confrontés à un service public en perte de performance.
Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale qu’à l’échelle mondiale, le transport ferroviaire s’impose comme une solution privilégiée, en raison de son coût maîtrisé, de son efficacité énergétique et de son faible impact environnemental. Dans de nombreux pays, le rail est au cœur des politiques de transition écologique, de lutte contre la congestion routière et de réduction des émissions de carbone. En Tunisie, en revanche, ce mode de transport stratégique demeure largement sous-exploité.
Ce décalage avec les tendances internationales est préoccupant, d’autant que le réseau ferroviaire national représente un atout majeur pour relier les régions, soutenir le développement économique et offrir aux citoyens une alternative de mobilité fiable et accessible. Sans une volonté politique affirmée, une vision claire et des décisions concrètes, le transport ferroviaire risque de rester un angle mort des politiques publiques, au détriment de l’environnement, de l’économie et du quotidien des citoyens.