Des milliers de personnes se sont rassemblées ce jeudi 21 août 2025, dès les premières heures de la matinée, sur la place Mohamed Ali, devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). À l’appel de la centrale syndicale, le secrétaire général Noureddine Taboubi a pris la tête d’un rassemblement qui s’est ensuite transformé en marche vers l’avenue Habib Bourguiba.
L’objectif étant de dénoncer les pressions croissantes et des rumeurs sur une éventuelle dissolution de la centrale syndicale. Les manifestants ont considéré que ce rassemblement vise à faire face à toute tentative d’ingérence dans les affaires internes de l’UGTT et à défendre leur droit aux négociations et au dialogue social. Les syndicalistes ont scandé plusieurs slogans appelant à la paix social et à l’activation des différentes conventions signées précédemment avec les parties sociales. Les adhérents de l’UGTT ont confirmé leur attachement à l’indépendance de la centrale syndicale tout en dénonçant toute forme de répressions.
La veille, la centrale syndicale avait confirmé l’organisation de cette manifestation nationale, décidée lors d’une commission administrative présidée par Taboubi, dont l’absence prolongée de la scène publique avait récemment alimenté de nombreuses rumeurs sur la stabilité interne du syndicat.
L’événement est présenté par l’UGTT comme une réponse directe aux pressions et aux tentatives de déstabilisation qu’elle dit subir. Ces dernières semaines, la centrale a dénoncé l’agression de son siège à Tunis par un « groupe criminel organisé ». Cet incident avait suscité un élan de solidarité, plusieurs organisations de la société civile s’étant rendues en urgence sur la place Mohamed Ali pour afficher leur soutien.
En parallèle, la relation entre l’UGTT et l’État s’est encore compliquée avec l’annonce de la suppression définitive du système de détachement syndical, une mesure perçue par la centrale comme un affaiblissement de ses moyens d’action. Le président de la République, Kaïs Saïed, a pour sa part affirmé qu’il n’existait « aucune intention de régler des comptes avec l’UGTT », tout en rappelant que « nul n’est au-dessus de la loi » et que l’État demeure déterminé à récupérer « chaque millime appartenant au peuple tunisien ».
Crédit photo et vidéo: Yosra Chikhaoui