À quelques kilomètres seulement du cœur de Tunis, le cimetière de Sidi Yahia se meurt dans l’indifférence générale. Ce lieu qui devrait être dédié au recueillement et à la mémoire des disparus se trouve aujourd’hui enseveli sous les détritus. Plastiques, gravats et déchets en tous genres s’amoncellent depuis des années, sans jamais être ramassés. À l’entrée des tombes comme au détour des allées, l’insalubrité s’impose, au point que certains tas finissent désormais par recouvrir les sépultures elles-mêmes.
« À chaque visite, c’est un choc. On vient honorer nos morts et on les retrouve entourés d’ordures », a affirmé Mehdi. M lors d’une déclaration à Réalités Online. L’administration du cimetière de Jellaz à laquelle la mission d’entretien du cimetière est confiée, se décharge de ses responsabilités et renvoie la faute d’un service à l’autre. Pendant ce temps, la dégradation s’accélère et l’abandon s’installe.
Le contraste est saisissant : alors que le grand cimetière de Jellaz bénéficie d’un suivi régulier et d’un entretien minimal, Sidi Yahia, qui n’abrite pas de personnalités publiques ou médiatiques, est laissé dans un état d’indignité. Comme si l’entretien d’un lieu sacré dépendait de la notoriété de ses occupants.
Au fil des années, les allées se sont transformées en dépotoirs à ciel ouvert. La végétation est envahie par les déchets, les sentiers se rétrécissent sous l’accumulation, et les tombes, censées être protégées, se voient peu à peu englouties par les immondices.
La mémoire des morts, miroir du respect dû aux vivants, mérite mieux qu’un tel abandon. Les photos prises sur place en témoignent avec une éloquence crue.