La Tunisie et l’Algérie commémorent, ce dimanche 8 février, le 68ᵉ anniversaire des événements tragiques de Sakiet Sidi Youssef, un épisode douloureux de l’histoire maghrébine qui demeure profondément ancré dans la mémoire collective des deux peuples.
Le 8 février 1958, en pleine guerre de libération algérienne, le village frontalier tunisien de Sakiet Sidi Youssef fut la cible d’un violent bombardement aérien mené par les forces coloniales françaises. Cette attaque visait à l’origine des positions supposées de combattants algériens, mais elle frappa de plein fouet la population civile tunisienne, provoquant de lourdes pertes humaines et d’importants dégâts matériels.
Le bombardement survint un jour de marché hebdomadaire, alors que le village était particulièrement animé. Des femmes, des enfants, des personnes âgées ainsi que des réfugiés algériens figurèrent parmi les victimes. Des habitations, des infrastructures publiques et des installations humanitaires furent détruites, laissant derrière elles un paysage de désolation et de deuil.
Au-delà de son bilan humain dramatique, Sakiet Sidi Youssef marqua un tournant politique majeur. L’événement suscita une vive émotion à l’échelle nationale et internationale, renforça la solidarité de la Tunisie avec la lutte du peuple algérien et contribua à internationaliser la question algérienne. Il mit également en lumière la vulnérabilité des populations civiles dans les conflits coloniaux.
Depuis lors, cette date symbolise la fraternité et le destin commun des peuples tunisien et algérien, unis par l’histoire, le sang versé et le combat pour la liberté. Chaque année, les commémorations organisées dans les deux pays sont l’occasion de rendre hommage aux martyrs, de transmettre la mémoire aux nouvelles générations et de réaffirmer les valeurs de dignité, de souveraineté et de solidarité.
Soixante-huit ans après, Sakiet Sidi Youssef demeure un symbole fort de résistance et de sacrifice, rappelant que la mémoire partagée constitue l’un des piliers fondamentaux des relations tuniso-algériennes et un repère essentiel pour la construction d’un avenir commun fondé sur le respect et la paix.