Le renforcement des investissements dans le secteur des hydrocarbures a animé, ce mercredi 21 janvier, une rencontre stratégique au siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie. La ministre Fatma Thabet s’est entretenue avec le nouveau président d’Eni pour l’Afrique du Nord, Diego Portoghese, scellant la continuité d’une collaboration bilatérale qui façonne le paysage énergétique tunisien depuis plus de six décennies.
Un partenaire de longue date réaffirme son engagement
Les deux parties ont unanimement salué la solidité des relations historiques unissant la Tunisie au géant italien, considéré comme un partenaire stratégique depuis les années 1960. Le rôle crucial d’Eni dans le développement de nombreux gisements nationaux, à l’instar du champ emblématique d’El Borma, a été au centre des discussions. Cette coopération se poursuit aujourd’hui à travers la Société Italo-Tunisienne d’Exploitation Pétrolière (SITEP), qui met en œuvre un vaste plan de développement du champ d’El-Borma jusqu’en 2030. Ce programme ambitieux prévoit le forage de dix nouveaux puits de pétrole et de gaz. Pour soutenir cette dynamique, la production du champ a d’ailleurs déjà enregistré une hausse de 15 % à fin mars 2025 comparée à la même période de 2024. En marge de cette rencontre, les dirigeants tunisiens et le nouveau responsable d’Eni pour la région ont longuement évoqué les activités en cours et les perspectives d’investissement dans le sud tunisien. Ces futurs projets s’inscrivent dans un partenariat étroit avec l’Entreprise Tunisienne d’Activités Pétrolières (ETAP), l’entité nationale chargée de la gestion des ressources. Cet engagement n’est pas nouveau, car Eni a déjà annoncé, en juin 2025, son intention de renforcer ses investissements, soulignant son rôle de pilier dans un secteur-clé pour l’économie nationale. Cette présence est d’ailleurs quantifiable : dans les concessions où Eni est impliquée, la production quotidienne moyenne atteint actuellement 7 884 barils de pétrole et 467 000 mètres cubes de gaz naturel.
La transition énergétique, un chantier en parallèle
L’entretien s’est déroulé en présence du secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, signalant l’importance que le gouvernement accorde à la diversification du mix énergétique. Cette présence n’est pas anodine. En effet, au-delà des hydrocarbures, Eni a diversifié ses activités en Tunisie vers les énergies renouvelables, confirmant son alignement sur les objectifs nationaux de décarbonation. Le groupe exploite déjà deux centrales photovoltaïques dans le sud. La centrale d’Adam, d’une capacité de pointe de 5 MW, alimente directement un site pétrolier adjacent pour réduire la consommation de gaz. Celle de Tataouine, avec une capacité installée de 10 MW, injecte quant à elle plus de 20 GWh par an dans le réseau électrique national. Cette vision duale, mêlant exploitation des ressources fossiles et développement des énergies vertes, reflète la stratégie énergétique tunisienne. Les autorités cherchent simultanément à sécuriser l’approvisionnement en hydrocarbures, crucial pour l’économie, et à encourager les investissements étrangers dans les énergies propres pour préparer l’avenir. Le même secrétaire d’État, Wael Chouchane, avait d’ailleurs marqué de sa présence, fin novembre 2025, le Salon International de la Transition Énergétique (SITE) à Tunis, un événement qui avait réuni plus de 40 entreprises et 2 500 visiteurs autour des technologies vertes.
Le rendez-vous de ce mercredi dépasse donc la simple prise de contact protocolaire. Il représente une étape clé dans la consolidation d’un partenariat économique historique, désormais articulé autour de deux piliers indissociables : l’optimisation de la production d’hydrocarbures dans le sud et l’accompagnement de la transition énergétique du pays.