Tunisie : le FIVS réunit 35 pays autour de la vidéo de sensibilisation

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La ville de Sousse s’apprête à vibrer au rythme de la créativité et de l’engagement citoyen avec la tenue de la cinquième édition du Festival International de la Vidéo de Sensibilisation, du 29 au 31 août 2025. Depuis sa création en 2021, ce rendez-vous est devenu un carrefour incontournable pour les jeunes talents, les réalisateurs confirmés et les passionnés d’audiovisuel, désireux d’utiliser l’image et le son comme instruments de sensibilisation et de changement social. Fidèle à sa vocation, le festival invite cette année à réfléchir, à rêver et à agir à travers des productions qui portent les valeurs humaines et universelles.

L’édition 2025 illustre plus que jamais l’ampleur grandissante de cet événement. Les organisateurs ont en effet enregistré pas moins de 579 demandes de participation, venues de soixante pays différents, de la Suède aux États-Unis, en passant par le Yémen et l’Égypte, preuve que le festival rayonne désormais bien au-delà des frontières tunisiennes. Après une première sélection, 184 projets ont été retenus, dont 27 tunisiens et 157 internationaux, représentant au total trente-cinq pays. Parmi eux, quatre-vingt-dix vidéos ont été définitivement acceptées dans la compétition officielle, issues de vingt pays. L’Algérie arrive en tête des sélections avec treize vidéos retenues, suivie de l’Égypte avec sept productions et du Maroc avec cinq.

Cette cinquième édition se distingue par la richesse de ses deux compétitions principales. Sur le plan national, les vidéastes tunisiens sont invités à explorer le thème : « La Tunisie touristique à travers l’objectif créatif… locomotive du développement ». Ce concours vise à mettre en lumière la beauté et la diversité du patrimoine tunisien, à travers des créations audiovisuelles capables de séduire et de promouvoir la Tunisie comme destination incontournable. À l’échelle internationale, le thème choisi, « Une citoyenneté durable pour un monde en expansion », encourage les participants à réfléchir aux grands enjeux de notre époque, de l’éradication de la pauvreté et de la faim à la construction de villes durables, en passant par l’innovation, la santé et la consommation responsable. Le festival fait ainsi de la vidéo un outil de plaidoyer pour un avenir plus équilibré, où développement et protection de l’environnement peuvent coexister.

Pour juger ces créations, le festival s’est entouré de professionnels reconnus du monde artistique et cinématographique. Le jury officiel est présidé par Sleh Eddine Msadak, et réunit des figures variées : l’actrice tunisienne Kaouther Bardi, l’artiste libyen Romdhan Mazdewi, le réalisateur algérien Yahia Mzehem ainsi que le jeune réalisateur tunisien Nassereddine Ragam. Ce comité d’experts aura la responsabilité de départager des œuvres aussi diverses qu’ambitieuses, avec à la clé des récompenses totalisant vingt mille dinars. Le premier prix est doté de cinq mille dinars, le deuxième de trois mille et le troisième de deux mille. Une mention spéciale, celle du public, sera également attribuée à la vidéo ayant suscité le plus d’interactions sur les réseaux sociaux du festival.

Au-delà de la compétition, le festival entend offrir une véritable vitrine aux jeunes créateurs. Étudiants, vidéastes amateurs et professionnels y trouvent un espace de rencontre et de formation, où leurs œuvres peuvent être projetées sur des écrans géants en plein air et partagées sur les plateformes numériques. L’objectif est double, élargir leur visibilité et faire résonner leurs messages de tolérance, de solidarité et d’humanité auprès d’un public plus vaste.

Les trois journées du festival promettent une programmation diversifiée et festive. Outre les projections officielles, les visiteurs pourront assister à des animations artistiques, découvrir des performances mettant en valeur le patrimoine local, participer à des campagnes de sensibilisation sociétale et admirer des courts-métrages réalisés à partir de téléphones portables. La technologie sera au cœur de l’événement, avec des écrans géants et des dispositifs lumineux modernes, transformant Sousse en une véritable capitale éphémère de la vidéo engagée.

Afin de garantir l’éthique et la qualité des productions, les organisateurs ont établi un règlement strict. Les vidéos doivent durer entre une et six minutes, être produites en arabe ou sous-titrées, et respecter les valeurs humaines et sociales. Tout contenu incitant à la violence, à la haine, à la discrimination ou relevant de la propagande politique est exclu. De même, les musiques protégées par des droits d’auteur ou les productions à caractère publicitaire ne sont pas acceptées. Chaque participant doit garantir la propriété intellectuelle de son œuvre et autoriser le festival à la diffuser dans le cadre de ses activités.

En l’espace de cinq ans, le FIVS s’est imposé comme une scène unique où créativité, art et engagement citoyen se rencontrent. En donnant la parole aux jeunes générations et en mettant en avant des messages porteurs d’espoir, il contribue à faire de l’image un vecteur puissant de transformation sociale. Cette année encore, Sousse sera le théâtre de ce dialogue universel, où la caméra devient l’outil d’un monde plus juste, plus solidaire et plus durable.

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