Wajih Dhakar, président de l’Organisation tunisienne des jeunes médecins, a annoncé mardi 4 novembre 2025 la reprise des mouvements de protestation des jeunes médecins, estimant que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés.
Dans un post publié sur sa page officielle Facebook, Dhakar a rappelé qu’un accord avait été signé le 3 juillet 2025 entre le ministère de la Santé et les représentants des jeunes médecins, sous la garantie du Conseil de l’Ordre des médecins. Cet accord avait conduit à la suspension des mouvements de protestation et au lancement des procédures d’application des points convenus. Cependant, quatre mois plus tard, les jeunes praticiens affirment que plusieurs engagements n’ont pas été tenus.
Le président de l’organisation cite plusieurs manquements.
D’abord, le non-respect des conditions d’exemption du service civil pour les médecins souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que ceux ayant à charge des proches dans l’incapacité de se déplacer. Selon lui, le ministère n’a publié aucun texte officiel à ce sujet et traite ces situations « au cas par cas », sans cadre juridique clair.
Deuxième point de discorde : la revalorisation salariale promise aux jeunes médecins. Dhakar affirme que malgré de multiples réunions, le ministère a proposé le minimum prévu initialement et entend étaler la hausse sur trois ans, invoquant des contraintes budgétaires. Aucun texte n’a, à ce jour, été publié au Journal officiel, et le projet de loi de finances 2026 ne mentionnerait pas cette augmentation.
Par ailleurs, il dénonce des « pratiques illégales » dans la tarification de la formation continue à la faculté de médecine de Sfax, où certains médecins auraient été sommés de verser des montants supplémentaires à une association. Malgré les alertes adressées au ministère, aucune mesure n’aurait été prise.
Enfin, le non-paiement de nombreuses gardes reste un problème majeur : plusieurs jeunes médecins n’auraient toujours pas perçu leurs indemnités, parfois depuis plus d’un an.
Face à ce qu’il qualifie de « mépris et de promesses non tenues », Wajih Dhakar déplore l’absence de réponse du ministre de la Santé et appelle à la reprise des mobilisations. « Le mouvement ne s’arrêtera que lorsque cessera la précarisation des jeunes médecins », conclut-il.
Il précise enfin que l’organisation qu’il préside « n’a jamais reçu aucun financement, ni local ni étranger », rejetant par avance toute accusation d’instrumentalisation.
