L’entrée en exploitation depuis quelques semaines des bus chinois fraîchement livrés à la société de transport de Tunis (Transtu ) a permis d’améliorer la qualité, le confort et la fréquence des déplacements pour des centaines de milliers de passagers. En effet, la Transtu a réceptionné en juillet dernier un lot de 189 bus, dans le cadre d’un contrat total de 300 véhicules auprès du constructeur chinois King Long. Le premier lot, composé de 111 bus, avait été livré en juin 2025. Parallèlement, un autre marché prévoit la livraison de 400 bus supplémentaires destinés à compléter le parc de transport dans les prochains mois, permettant ainsi de moderniser non seulement le grand Tunis mais aussi d’autres grandes villes de la République.
Pour les usagers, la différence est déjà perceptible. Certains notent que les trajets sont désormais plus rapides et réguliers, et que le confort offert par les nouveaux bus est nettement supérieur à celui des véhicules précédemment en service, souvent vétustes et sujet à des pannes fréquentes.
Ces nouveaux bus, équipés de moteurs modernes et offrant un meilleur confort, présentent toutefois une particularité : leur garde au sol est faible, ce qui rend difficile la circulation sur les dos d’ânes existants. Ces ralentisseurs, installés depuis longtemps dans plusieurs quartiers et devant des écoles, ne sont pour la plupart pas conformes aux normes internationales et sont souvent critiqués pour leur hauteur excessive ou leur implantation anarchique.
Face à cette situation, les autorités ont choisi de supprimer temporairement certains dos d’ânes afin de permettre la circulation des nouveaux bus en attendant l’installation d’autres ralentisseurs plus adéquats. Cette décision a provoqué des débats parmi les citoyens et les experts. Des citoyens interrogés soulignent que, bien que la suppression facilite le passage des bus, elle soulève des questions de sécurité, notamment dans les zones scolaires et les quartiers à forte densité piétonne. Selon certains observateurs, cette mesure pourrait mettre en danger les enfants et les piétons si elle n’est pas accompagnée d’un plan clair pour adapter ou réinstaller les ralentisseurs selon des standards plus sûrs.
En revanche, plusieurs citoyens ont salué cette décision de suppression des dos d’ânes, considérant qu’elle constitue un ajustement nécessaire. Ils estiment que cette décision représente également une opportunité pour repenser ces infrastructures en mettant en place des ralentisseurs conformes aux normes internationales, qui garantissent la sécurité des piétons et s’adaptent aux caractéristiques des nouveaux véhicules. Cette transition pourrait permettre d’aligner la modernisation du transport public avec des standards élevés de sécurité routière.
L’arrivée des bus chinois constitue un double levier: d’une part, elle améliore la qualité du service pour les usagers ; d’autre part, elle offre une occasion unique de moderniser les dos d’ânes et de renforcer la sécurité des routes urbaines.