Tunisie : vers une gestion intégrée pour faire face à la crise hydrique

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La Tunisie fait face à une situation critique en matière de ressources en eau, marquée par un stress hydrique élevé qui affecte tous les secteurs socio-économiques du pays. Selon les experts, la consommation d’eau dépasse désormais largement la disponibilité naturelle, accentuée par la variabilité climatique, les sècheresses répétées et l’augmentation des besoins liés à la croissance démographique et à l’urbanisation. Cette situation rend la gestion des ressources en eau particulièrement complexe et expose le pays à des tensions dans les secteurs agricole, industriel et domestique.
Le pays est confronté à plusieurs problèmes structurels : des barrages partiellement remplis, une perte importante due à l’évaporation et aux fuites dans les réseaux, ainsi que des rejets d’eau potable en mer, notamment lors des années pluvieuses, ce qui représente un gaspillage considérable de ressources précieuses. La salinité des eaux dans certaines régions, notamment dans le nord-est et le sud, constitue un obstacle supplémentaire pour l’agriculture et l’approvisionnement en eau potable.

Mohamed Salah Glaïed

Face à cette situation, des projets d’envergure, comme le transfert d’eau du nord vers le centre, ont été étudiés pour optimiser les ressources disponibles, réduire les pertes et sécuriser l’approvisionnement des barrages déficitaires. Selon l’ingénieur et expert en eau Mohamed Salah Glaïed, ce type de projet permet non seulement de valoriser les excédents et de réduire les rejets en mer, mais également de renforcer la résilience du pays face aux sécheresses et au changement climatique.Parallèlement, la Tunisie doit renforcer la gestion intégrée des eaux, améliorer l’efficacité des réseaux de distribution, et sensibiliser la population à la réduction de la consommation et au recyclage de l’eau pour garantir la durabilité des ressources hydriques. Les experts internationaux soulignent que la combinaison de politiques d’investissement dans les infrastructures et de réformes réglementaires est essentielle pour répondre au défi du stress hydrique et assurer un approvisionnement durable pour les générations futures.Mohamed Salah Glaïed, a souligné également que le projet de transfert d’eau du nord vers le centre de la Tunisie constitue une initiative majeure pour optimiser les ressources hydriques du pays. Ce projet permettrait de réduire les rejets d’eau de qualité en mer, notamment à partir du barrage de Sidi Barrak lorsqu’il est plein ainsi que des barrages Zarga, Moula et Kebir, tout en apportant des ressources supplémentaires aux barrages Nebhana et Sidi Saad, historiquement déficitaires. Lors d’années pluvieuses, plus de 67 millions de mètres cubes d’eau de bonne qualité sont actuellement perdus en mer, alors que la salinité des eaux du nord ne dépasse pas 1 g/l, offrant une ressource rare et précieuse. Le projet comprend la réhabilitation des ouvrages existants entre Sidi Barrak et Bejaoua, la construction du barrage Melah amont avec un transfert gravitaire vers Sejnane, ainsi que l’augmentation des capacités de transfert entre Sidi Barrak et Sejnane, qui atteindra 4 m³/s, et entre Sejnane et Bejaoua, portée à 10 m³/s. Il prévoit également le transfert de Bejaoua vers le barrage Nebhana avec une capacité de 4 m³/s, prioritaire et financé par des dons de la KfW et de l’Union européenne, ainsi que le transfert du barrage Nebhana vers le barrage Sidi Saad, également avec une capacité de 4 m³/s.Le coût total du projet est estimé à 2 529 millions de dinars hors taxes et il est actuellement en phase d’Avant-Projet Détaillé (APD). Les autorités ont demandé la sensibilisation des populations dans les huit gouvernorats concernés.
Selon Mohamed Salah Glaïed, ce projet constitue un modèle de gestion intégrée de l’eau, permettant de valoriser les excédents, de sécuriser l’approvisionnement et de renforcer la résilience face aux sécheresses, confirmant que les politiques de transfert d’eau tunisiennes ont démontré leur efficacité, comme le reconnaissent les experts internationaux.

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