UE-Mercosur : le désaccord agricole relance le bras de fer transatlantique

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La France a officiellement demandé à la Commission européenne de repousser les échéances prévues en décembre concernant la finalisation et la signature de l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, un texte dont l’entrée en vigueur est actuellement envisagée pour le début de l’année 2026. Cette démarche s’inscrit dans un climat de fortes tensions autour des politiques commerciales européennes, en particulier dans le secteur agricole, où les inquiétudes des producteurs se sont intensifiées ces derniers mois.
Selon les autorités françaises, les conditions ne sont pas réunies à ce stade pour garantir une protection effective et durable de l’agriculture européenne. Paris estime que l’accord, dans sa forme actuelle, expose les agriculteurs européens à une concurrence accrue de produits importés provenant de pays appliquant des normes environnementales, sanitaires et sociales moins contraignantes que celles imposées au sein de l’Union. Cette asymétrie réglementaire est perçue comme un risque majeur pour la compétitivité des filières agricoles sensibles, notamment l’élevage bovin, la volaille, le sucre ou encore certaines productions céréalières.
La France met également en avant l’insuffisance des mécanismes de contrôle et de sanction prévus pour garantir le respect des engagements pris par les pays du Mercosur, en particulier en matière de traçabilité, de lutte contre la déforestation et d’usage de produits phytosanitaires interdits en Europe. Elle considère que les clauses de sauvegarde envisagées restent trop vagues ou difficiles à activer rapidement en cas de déséquilibre du marché, ce qui limiterait leur efficacité réelle en cas de crise.
Dans ce contexte, la demande de report vise à obtenir un temps supplémentaire afin de renforcer juridiquement les garanties offertes aux producteurs européens, d’améliorer les dispositifs de réciprocité des normes et de clarifier les engagements environnementaux des partenaires sud-américains. Les autorités françaises soulignent qu’une signature précipitée de l’accord pourrait fragiliser la cohérence des politiques européennes, alors même que l’Union impose à ses agriculteurs des exigences croissantes en matière de transition écologique et de durabilité.
Les pays du Mercosur ont vivement réagi à la demande française de report des échéances de décembre concernant la signature de l’accord commercial avec l’Union européenne, exprimant leur incompréhension et leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme un nouveau blocage politique. Pour les gouvernements sud-américains, cette initiative française remet en cause des années de négociations et d’efforts diplomatiques destinés à aboutir à un accord présenté comme stratégique pour les deux blocs.
Du côté du Mercosur, la position européenne — et en particulier française — est perçue comme un signal négatif, voire contradictoire, à un moment où les pays d’Amérique du Sud cherchent à renforcer leurs partenariats économiques et à diversifier leurs débouchés commerciaux. Les autorités de la région estiment avoir consenti à de nombreuses concessions, notamment sur les engagements environnementaux, la lutte contre la déforestation et l’alignement progressif sur certaines normes internationales. Elles jugent donc injustifiée l’argument selon lequel les garanties actuelles seraient insuffisantes.

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