La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a précisé, lors d’un conseil ministériel consacré au projet de Plan de développement pour la période 2026-2030, que ce plan consacre la dimension sociale comme un choix stratégique constant de l’État. Il vise à instaurer une intégration économique et sociale globale entre les régions et à préparer le terrain à la construction d’une économie forte, résiliente et capable de s’adapter aux mutations mondiales. Ces transformations, précise la Cheffe du gouvernement, concernent notamment les tensions géopolitiques, la recomposition de l’ordre international vers un monde multipolaire, le ralentissement de la croissance mondiale et l’évolution des chaînes de production, mais aussi l’accélération de la transition numérique et du recours à l’intelligence artificielle, ainsi que les défis liés à la transition énergétique et aux changements climatiques.
Zaâfrani a indiqué que le scénario retenu repose sur la réalisation de la justice sociale et d’un développement équilibré, piliers centraux de la politique économique de l’Etat. Sur le plan économique, l’objectif est de relever le rythme de croissance en soutenant les secteurs à forte valeur ajoutée, en encourageant l’innovation, la recherche et le développement, et en stimulant l’investissement productif. Ces leviers doivent permettre de renforcer la résilience de l’économie nationale, d’améliorer sa compétitivité et de créer des emplois décents, notamment au profit des jeunes et des diplômés de l’enseignement supérieur.
Sur le plan social, le plan ambitionne d’élargir la base des bénéficiaires des fruits de la croissance, de réduire la pauvreté et la précarité, de renforcer les systèmes de protection sociale et de garantir l’égalité des chances dans l’accès à l’éducation, à la santé et à l’emploi, afin de consolider la cohésion sociale et la confiance des citoyens dans les politiques publiques.
Sur le plan territorial, les investissements — en particulier publics — seront prioritairement orientés vers les régions les moins développées, avec un accent mis sur l’amélioration des infrastructures et des services de base. L’objectif est de stimuler le développement local, de réduire les disparités régionales et de renforcer l’attractivité des territoires, tout en favorisant l’émergence de nouveaux pôles de croissance en dehors des centres traditionnels.
La Cheffe du gouvernement a également insisté sur la nécessité d’engager les réformes juridiques requises afin d’assurer la cohérence entre les dimensions économique, sociale et territoriale, dans le cadre d’un modèle de développement global et équitable, à la hauteur des attentes des citoyens.
Elle a enfin souligné que le projet de plan de développement 2026-2030 constitue une étape nationale décisive, rompant avec des politiques antérieures ayant engendré des déséquilibres sociaux, économiques, environnementaux et institutionnels. Il vise à garantir une répartition juste et équilibrée des richesses entre tous les Tunisiens, conformément aux orientations du président de la République. L’amélioration du niveau de vie et des revenus des citoyens a été présentée comme un objectif stratégique majeur, appelé à renforcer la justice sociale et à dynamiser le cycle économique.
De son côté, le ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a présenté un exposé détaillé sur le cadre macroéconomique, les résultats de la synthèse des travaux des conseils locaux, régionaux et territoriaux, ainsi que sur les exigences liées à la concrétisation des objectifs de croissance et des nouvelles perspectives de développement. Il a également exposé les hypothèses retenues et les objectifs sectoriels pour la période 2026-2030, notamment dans les domaines de l’agriculture, de l’industrie manufacturière, du phosphate, de l’énergie, du transport et des exportations, ainsi que les principales réformes et mesures envisagées.
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