Un homme souffrant d’un handicap mental est décédé dans la soirée du dimanche 5 octobre 2025 alors qu’il se trouvait en détention. Selon son avocat, Me Mohamed Daoudi, le défunt, atteint de troubles psychiatriques sévères, était hospitalisé à l’hôpital Razi depuis 2010. Il aurait pourtant été impliqué dans une affaire de trafic de drogue sans lien avéré avec les faits, puis placé en prison sans respect de sa condition médicale.
D’après le témoignage de Me Daoudi, la brigade de police judiciaire s’est saisie du dossier sans même auditionner son client, ni verser au dossier la carte attestant de son handicap mental. Le 29 septembre, le juge d’instruction a ordonné son placement en détention sans l’avoir entendu. Depuis son incarcération, l’homme refusait de s’alimenter, de boire et de prendre son traitement. Il aurait même été enchaîné par les poignets jusqu’au sang, selon les propos de son avocat.
Face à la dégradation rapide de son état, Me Daoudi affirme avoir saisi à plusieurs reprises le juge d’instruction pour demander un transfert en urgence vers un hôpital psychiatrique, comme le prévoit la loi. Mais ses requêtes auraient été rejetées au motif que le magistrat « n’était pas compétent » pour statuer sur une demande d’hospitalisation obligatoire.
« J’ai alerté le juge, j’ai déposé une demande de contrôle médical et signalé un danger de mort. Mais rien n’a été fait », déplore Me Daoudi. Même le procureur de la République, sollicité à son tour, aurait tenu la même position.
Quelques jours plus tard, le détenu est mort dans sa cellule, sans avoir reçu les soins nécessaires. « Mon client est décédé pendant que le juge cherchait encore à savoir s’il était compétent pour le sauver », a écrit l’avocat dans un post publié sur sa page officielle Facebook.
Une enquête devrait être ouverte pour déterminer les responsabilités dans cette affaire qui a suscité déjà une polémique.